|
|
Le risque du sexe,
entre rumeur et réalité
Rapport de recherche
Jean-Yves Le Talec
|
|
|
|
Conclusion
La situation à Paris :
appréciation, perspectives, innovations
La situation à Paris : appréciation, perspectives, innovations
En guise de conclusion, nous allons laisser les actrices et les acteurs de prévention sexprimer sur la situation à Paris, telle quils et elles la perçoivent. Les perspectives davenir, sur ce quil conviendrait de faire ou de ne pas faire en matière de « prévention gaie » et les innovations quil serait souhaitable de mettre en uvre seront enfin décrites.
Appréciation de la situation à Paris
A la question « Comment percevez-vous la situation à Paris ? », voici quelques unes des réponses recueillies auprès des acteurs de prévention. Cette appréciation est majoritairement pessimiste :
Alors moi, ce que j'ai constaté, c'est qu'il y avait une perte complète d'intérêt pour le sida et de visibilité du sida à Paris. Alors bien sûr, des médias, dans la rue, dans les établissements commerciaux, bon il ny a plus, on ne choppe plus d'affiches... Éventuellement encore, parce qu'il y a cette habitude de diffuser des préservatifs et du gel dans un certain nombre d'endroits, bon là, on parle des endroits où il y a un lieu de consommation sexuelle, mais dans la plupart des endroits, il ny a pas de lieu de consommation sexuelle, donc il ny a pas de matériel de prévention ! Ni d'information, ni d'outils ! Donc, si des gens se rencontrent dans un bar où il ny a pas de backroom, dommage pour eux, tu vois ! Enfin je veux dire, il faut qu'ils prennent leurs précautions ! Ils navaient qu'à se rencontrer dans celui d'à côté où il y avait une backroom et où effectivement, au bout de la troisième consommation, t'as le droit à un préservatif, et à un gel à la sixième !
(Bruno, entretien)
Je ne suis pas sûr quon est au bord d'un précipice aujourd'hui. Il y a vraiment des majorités de générations gaies qui sont averties, responsables. Bon, des fois il y a un déraillement, mais tout ce qui nous inquiète aujourd'hui, à savoir le déni, le relapse, je pense que c'est quand même minoritaire, c'est une espèce de minorité active et bavarde et exaspérante qui essaie de se médiatiser à tout prix, de toute manière, comme monsieur Dustan, pour pas le nommer. Je trouve que c'est beaucoup d'agitation, pas beaucoup d'effet, parce que ça exaspère tout le monde très vite ! Des grosses bêtises sont dites ! Bien sûr la maladie est longue, elle a vingt ans quasiment, maintenant. Pour autant, les phénomènes de lassitude, les gens qui craquent et qui font des bêtises ben ça a toujours existé ! Ce à quoi il faut faire attention, c'est quand même quon ne s'amuse pas à imaginer que c'est un phénomène de mode [
] je pense qu'il faut être très vigilant mais en même temps, je crois que les pédés sont pas des imbéciles, ils ont bien compris que c'était une espèce d'agitation secondaire, oui, secondaire, et puis provocatrice pour casser les pieds à tout le monde !
(Jean, entretien)
Moi je pense que c'est pire ! Je pense quon arrive de plus en plus à baiser sans préservatif ! Non, mais c'est certain ! [
] Oui, je pense qu'on sodomise plus facilement aujourd'hui sans préservatif. Je ne parle pas de la fellation parce que la fellation, il y a peut-être 1% de gens qui prennent des capotes, c'est sûr !
(Pierre, entretien)
A mon avis, si il ny a pas quelque chose qui est fait relativement rapidement, dans moins d'un an, sur la prévention en milieu gai, je pense qu'on va arriver à une situation dramatique. Et c'est pas en 2002 où ils vont nous donner les statistiques des nouvelles contaminations, tu vois, qu'on va pouvoir réagir ! Il sera trop tard !
(Aimé, entretien)
Enfin moi, ma grande crainte c'est... Ça va au delà du VIH. [
] Donc ma perception, elle est que Paris a un mode de vie homosexuel particulièrement malsain ! Bon, ce que j'y peux changer, je nen sais rien mais c'est pour ça que je suis ici ! Je crois que les gais, effectivement, ont un problème d'éducation santé qui va bien au delà du VIH [mais] je fais tout ce que je peux pour leur présenter d'autres modèles et leur dire « bon ben, on peut être pédé et sportif. On peut être pédé et ne pas passer sa nuit dans les backrooms. On peut être pédé et vivre sainement avec des gens sympas. On peut ne pas jeter les partenaires comme des kleenex... » [
]
[
] J'ai grand peur qu'on ait une deuxième vague de VIH ; en gros, on a aujourd'hui toute une population identitaire qui connaît bien, apparemment, le risque, qui le maîtrise, qui sait au moins ce que c'est, et qui s'identifie donc, au moins comme homosexuelle ou bi. Qu'est-ce qui se passe pour les centaines de milliers de gens, qui sont hétéros dans la journée et qui sont pédés pour aller dans des bois la nuit ? Enfin, c'est une cocotte-minute en train de préparer une explosion parce que tous ces gens-là, ils ne se font pas tester, ils ne connaissent pas les techniques de prévention, ils ne veulent pas baiser avec une capote parce qu'ils sont hétéros
(Michel, entretien)
[
] on ne parlait du relapse qu'aux Etats-Unis, maintenant on en parle en France. Donc je ne sais pas trop quoi en penser. Moi je pense que la situation s'est améliorée et depuis les années 1990, j'ai vraiment la sensation que les gens ont intégré le message pour une majorité d'entre eux mais pas pour l'ensemble des gens, quoi ! A mon avis, les comportements à risques existent encore, dans des milieux plus marginalisés, peut-être, et même chez des gens qui pensent être à l'abri !
(Vincent, MAG, entretien)
On peut multiplier ces appréciations, elles reprennent dans leur ensemble les arguments évoqués ci-dessus : perte dintérêt et de visibilité du sida, désengagement de la communauté, multiplication des pratiques à risques, dans un contexte identitaire comme non identitaire
Erik Rémès nous confiait quà son avis, le sida appartient au passé :
Tu peux te faire contaminer par amour, tu vois, pour l'amour de ton partenaire, pour tout partager avec lui. Oui, puis le sida étant prétendument moins mortel, tu vois, les gens... Il ny a plus de balles dans le barillet pour jouer à la roulette russe, tu vois, quoi ! Mais moi, je circule tellement dans un milieu où c'est systématique, la baise sans capote que bon je peux parler de ce milieu en te disant oui, pour beaucoup de gens, utiliser la capote, ça n'excite plus... [
] Et c'est surtout pas du déni en plus, hein ! Non, pour moi, le sida c'est vraiment un truc des années quatre-vingt. Tu vois, c'est du siècle dernier ! C'est vraiment un truc qu'est complètement dépassé ! P't'être que j'en crèverai, comme beaucoup de mes copains, mais c'est vraiment un truc qu'est complètement dépassé !
(Erik, entretien)
Pour Guillaume Dustan, la capote a fait son temps, mais certainement pas la prévention. Reste à inventer de nouveaux discours sur une sexualité du plaisir, qui tienne compte des risques :
La capote c'est un truc qui était concevable comme solution d'urgence sur une durée limitée, hein, si le sida avait duré de 1985 à 1987, OK, on aurait pu faire un effort, mais je veux dire, quand ça s'installe, quand ça fait depuis quinze ans, quand il ny a toujours pas de vaccin, la capote ça ne marche pas parce que les gens, au bout de quinze ans, on ne peut pas leur dire « ben continuez à vous passer de sexualité normale », ça, ce n'est pas un discours tenable ! Faut leur dire « trouvez des espaces où vous allez pouvoir, sans danger, vous passer de capote et avoir une sexualité normale », c'est le seul discours raisonnable qu'on puisse avoir. La capote, c'est la prison, et moi je ne suis pas pour. [
] Donc bon, on arrive à une situation où, j'ai l'air de caricaturer mais en fait c'est pas vrai, où il y a, d'un côté, les pédés qui ne baisent pas, qui sont séroneg, ou alors ceux qui sont « hétérosexuels », qui vivent en couple, qui restent séroneg, et puis d'un autre côté, les pédés qui baisent et qui sont tous séropos ! Bon, et ceux-là, on ne leur rend pas la vie facile, hein ! C'est clair !
(Guillaume D., entretien)
Dune certaine manière, tous ces arguments ne sont pas exclusifs les uns des autres, ils ne sont pas incompatibles
Les termes du débat sont en quelque sorte posés. Reste à trouver, au sein des associations ou ailleurs, un espace de dialogue, où la « morale sexuelle » défendue par Act Up Paris puisse aussi trouver sa place, sans pour autant empêcher toute discussion. Cet objectif constitue très certainement lun des nouveaux défis majeurs de la prévention, lautre étant sans doute la question des relations sexuelles entre hommes dans un contexte non identitaire.
La situation à Paris : perspectives
Les questions étaient les suivantes : « Quest-ce qui vous paraît le plus complexe en matière de prévention ? », « Quest-ce qui vous paraît le plus urgent à faire ? », « Quest-ce qui vous paraît le plus urgent à ne pas faire ? », et « Quelles sont les innovations que vous aimeriez voir mises en uvre ? ».
Le plus complexe est le plus urgent
Globalement, les réponses aux deux premières questions se superposent presque exactement. Cela na rien détonnant : ce sont des thèmes récurrents, qui suscitent à la fois la réflexion des acteurs et des actrices de prévention, et leur sentiment de ne pas répondre à une urgence.
Voici ce qui leur paraît le plus complexe et le plus urgent :
En général
- faire prendre conscience de la prévention, donner envie de se protéger
- réaliser des campagnes de prévention dans les médias « grand public »
- améliorer les outils de prévention et leur accès (préservatifs gratuits)
- remotiver, redynamiser
- trouver des moyens (largent), simplifier les financements
- travailler sur le long terme
- saffranchir des contraintes morales en matière de prévention
- développer lécoute
Concernant la santé
- travailler sur la santé globale (pas seulement VIH/MST)
- travailler sur la prévention de la toxicomanie (alcool, drogues)
Concernant la sexualité
- la prévention « non identitaire » (sexualité entre hommes)
- la prévention chez les femmes
- les jeunes (identité, premiers rapports sexuels) et léducation
- communiquer sur lhomosexualité, les « modèles de vie gaie »
- étudier les comportements et les pratiques à risques
Concernant la séropositivité
- communiquer sur le vécu du sida
- travailler sur la visibilité des personnes séropositives
- communiquer sur les traitements
Concernant les associations
- travailler sur les méthodes dévaluation
- développer la créativité
- développer le travail interassociatif
Concernant les pratiques à risques
- aborder les relations sexuelles sans préservatif
- aborder les « moments de fragilité » (relapse)
- travailler sur les liens entre prévention et relations affectives
- revoir le discours de prévention sur la fellation
Ce quil ne faut pas faire
Sur ce quil ne faut pas faire, les réponses sont assez homogènes. « Continuer sans rien changer » est celle qui revient le plus souvent
Ces réponses sont les suivantes :
- continuer, ne rien changer
- baisser les bras, arrêter les campagnes de prévention
- banaliser le sida, faire croire que tout va bien
- banaliser le préservatif
- banaliser les drogues
- adopter un discours moral, censurer, contrôler
- ne pas parler de sexualité
- diminuer les subventions
Les innovations
Cette question était laissée volontairement très ouverte ; il était précisé : « attendu que vous en ayez les moyens, quelles innovations souhaitez-vous voir mises en place à Paris, en matière de prévention ? ».
Les réponses sont assez homogènes, beaucoup dacteurs et dactrices de prévention ont des idées convergentes.
De très loin (25% des réponses), les acteurs et actrices de prévention appellent de leurs vux la création dun lieu interassociatif ouvert, dans le Marais (cette localisation est spécifiée comme étant importante), consacré à linformation, à lécoute, à la prévention, à la santé en général des gais et des lesbiennes, mais qui soit aussi un lieu festif et accueillant.
Voici les autres innovation souhaitées :
- faire en sorte que les fabricants de préservatifs en améliorent la qualité et le conditionnement, de sorte quils soient plus faciles et agréables à utiliser, sans en augmenter le coût
- exercer un certain contrôle des sex-clubs et des établissements à backroom sur le plan de lhygiène et de la prévention (sanctions possibles)
- mieux communiquer (créativité), utiliser de nouveaux médias (Internet)
- communiquer, éduquer et informer sur la santé globale
- ouvrir des ateliers sur la sexualité, sur la prévention
- organiser un système de formation continue interassociatif
- aborder le vécu des volontaires associatifs
Certaines de ces innovations sont plus faciles que dautres à mettre en place ; elles peuvent même générer des économies : un système commun de formation continue semble a priori plus économique et le surplus peut-être investi dans la qualité de cette formation.
Lobjectif dun centre interassociatif « de santé », dinformation et de prévention est ambitieux, mais il nest sans doute pas hors datteinte. Il nécessite le concours de toutes les parties prenantes : collectivités publiques, institutions, associations
Lexpérience menée lannée dernière dans le Marais en a montré la faisabilité et le succès.
La situation à Paris : conclusion provisoire dun état des lieux
Au terme de cette recherche, létat des lieux du dispositif de prévention du VIH chez les homosexuels masculins donne une vue complexe de la situation, observée durant le premier semestre 2000.
Dire que ce dispositif de prévention nexiste plus, que les associations de lutte contre le sida sont absentes est inexact ; cette affirmation tient de la rumeur, une rumeur cependant persistente dans le discours collectif.
La réalité observée montre que les actions, patiemment mises en place depuis la moitié des années quatre-vingt, par les associations, soutenues par les pouvoirs publics, est toujours présent sur le terrain. Cependant, un examen attentif révèle une indéniable fragilité, pour plusieurs raisons :
le tissu associatif exprime un réel épuisement et peut-être une difficulté dadaptation au contexte actuel ; ses intervenant-e-s'expriment clairement le besoin dêtre soutenu-e-s ;
les hommes ayant des relations homosexuelles dans un contexte non identitaire restent difficile à approcher et à informer, malgré la présence dassociations sur ce terrain ;
dans le contexte identitaire gai, le dispositif de prévention et dinformation est toujours présent à Paris ; cependant, le « terrain culturel » gai fait moins que par le passé référence au sida et à la prévention.
Les témoignages recueillis au couors de cette étude attestent de lexistence des phénomènes de relapse et de bareback à Paris, sans toutefois quon puisse en mesurer limportance quantitative, en labsence de données épidémiologiques fiables et actualisées.
Adopter des pratiques sexuelles non protégées devient désormais un choix médiatisé, et, grâce entre autres à Internet, un fantasme facile à concrétiser. Un tel choix peut sappuyer sur un ensemble déléments nouveaux de reconnaissance communautaires, voire identitaires. Les conditions de vie et la sexualité des personnes séropositives, en relation avec les évolutions thérapeutiques, font partie de ce contexte identitaire.
Lélaboration de messages et dactions de prévention adaptés à ce contexte actuel passe par létude de cette transformation du lien entre identité et sexualité.
Postambule
A propos de mémoire
Le point final de ce rapport nest pas celui de cette recherche, et nous soulignons ici combien il reste de phénomènes à décrire, de comportements à comprendre, de choix à éclairer, de témoignages à recueillir. Certes, lexhaustivité nétait pas impérative dans ce projet
Elle naurait de toute manière pas pu être atteinte, dans le cadre de cette recherche, tel quil était défini.
Nous espérons que cet « état des lieux » est aussi fidèle que possible à la réalité, et quil contribue à dissiper quelques rumeurs, quelques lieux communs. La phographie de ce dispositif parisien de prévention en « milieu gai » est cependant difficile à fixer, fragile, tant les choses évoluent vite. Il ny a rien de plus labile, par exemple que le monde virtuel
Et rien ne dit que les actions que nous avons suivies et décrites vont se poursuivre à lidentique dans les prochains mois.
Reste la force des témoignages recueillis, leur qualité humaine. Ils sont écrits, ils font partie désormais de notre mémoire.
A propos de mémoire, il est intéressant de se référer au passé pour mesurer le chemin parcouru. Ces deux courtes citations sont extraites de textes écrits il y a dix ans : la première se réfère à laction de lun des pionniers de la prévention « en milieu gai », Dominik Le Fers :
Au vu de son expérience de terrain, Dominik Le Fers pense que loffre massive de préservatifs distribués à loccasion dopérations particulières dans les bars, saunas et vidéos est le moyen idéal de les faire utiliser par les homosexuels. [
] Les homosexuels sont très demandeurs de clarté dans les informations diffusées. Ne peut-on faire des fiches, type « fiches cursives », sur un certain nombre de questions qui reviennent régulièrement : la transmission du virus, la fellation, le baiser
(« Principales conclusions de la quatrième réunion du groupe dexperts pour la communication en direction des homosexuels », 14 mars 1990, AFLS, document non publié)
La seconde provient dun article de Daniel Defert, fondateur de lassociation Aides, article paru dans le magazine Gai Pied Hebdo, aujourdhui disparu :
Le safer sex, la sexualité sans risque, c'est une sexualité; à l'extérieur on entend trop cela comme une asexualité. Se dire séropositif, c'est souvent pour l'extérieur se faire reconnaître comme vivant une asexualité. Si on fait de la sexualité protégée une idéologie officielle et non à nouveau l'objet d'un débat sur la sexualité, l'homosexualité aujourd'hui, on risque d'imposer un nouveau silence sur la vérité des pratiques sexuelles aujourd'hui. On risque de mauvaises surprises à court terme si on transforme le safer sex en langue de bois militante.
[
] je crois que les homosexuels ne peuvent pas réduire tous leurs enjeux à la bonne image de contrôleur de l'épidémie, car si cette image redevenait un leurre, cela coûterait cher à la fois en vies et en réactions sociales.
(Defert, 1990 : 60-63)
Au vu de notre « état des lieux », on peut aussi se demander ce qui a changé depuis dix ans, et ce qui n a pas changé : le préservatif est toujours au cur du dispositif de terrain
La transmission du VIH est toujours au cur des interrogations et de linformation
Et, plus que jamais, la sexualité lhomosexualité est toujours un objet de débats, en termes de pratiques ; de plus, la sexualité des personnes séropositives est encore trop souvent appréhendée comme une asexualité.
Ce que Daniel Defert décrivait comme « lhomosexualisation du sida » perdure, malgré les trithérapies, malgré le vote du Pacs, malgré lévolution de la société. Le danger quil soulignait semble toujours dactualité : les « contrôleurs de lépidémie » sont aujourdhui à bout de force et désabusés. Pour sortir de cette impasse tout en continuant de promouvoir la santé publique, « la langue de bois militante », dou quelle vienne, nest plus de mise, dautant que certains hommes gais, adeptes du barebacking, libèrent leur sexualité des contraintes nées du sida, en assumant les risques qui découlent dun tel choix.
Imaginons donc un avenir où chacun, chacune, puissent prendre la parole et être entendu-e. Puissent ce travail et ce rapport de recherche y contribuer.
Bibliographie
Allgeier Elizabeth R. et Allgeier Albert Richard (1991) Sexual Interactions, Lexington : D. C. Heath (3e ed.).
Bertin Xavier (1998) « Entre désirs et devoirs », Observations et témoignages, n° 12, mars, pp. 6-7.
Bolton Ralph (1995) « Tricks, friends and lovers : erotic encounters in the field », in Kulick Don et Willson Margaret, Taboo Sex, identity and erotic subjectivity in anthropological fieldwork, Londres et New York : Routledge, pp. 140-167.
Borel Vincent (1995) Un ruban noir, Arles : Actes Sud.
Borel Vincent (1998) Vie et mort dun crabe, Arles : Actes Sud.
Brizon Hervé (2000) La vie rêvée de sainte tapiole, coll. Le rayon, Paris : Balland.
Camus Renaud (1988) Tricks, Paris : P.O.L.
Carson Gregory (1998) Psychotherapy with Men who Bareback, communication à la convention de la California Psychological Association, Pasadena, Californie (sur le web : www.gaytherapy.com).
Dalton David (1998) « Sex Panic : Gay group-think promotes murderous irresponsibility », The San Francisco Examiner, 12 janvier, p. A 23.
Dannecker Martin (2000) « Contre le déni du désir sexuel », Infothek, janvier, pp. 4-10.
Defert Daniel (1990) « Lenjeu des gais - Lhomosexualisation du sida », Gai Pied Hebdo, n° 446, 29 novembre, pp. 60-63.
Despentes Virginie (1994) Baise-moi, Paris : Florent-Massot.
Dustan Guillaume (1996) Dans ma chambre, Paris : P.O.L.
Dustan Guillaume (1997) Je sors ce soir, Paris : P.O.L.
Dustan Guillaume (1999) Nicolas Pages, coll. Le rayon, Paris : Balland.
Easterman-Ulmann Rachel (2000) « Aiden Shaw Mon gode est plus petit que ma bite », Têtu, n° 46, juin 2000, pp. 30-31.
Fillieule Olivier (1998) « Mobilisation gaie au temps du sida, changement de tableau », in Eribon Didier (sous la dir.), Les études gay et lesbiennes, Paris : Editions du Centre Georges Pompidou.
Fontaine Yves (2000) « Au-delà du condom, le barebacking ou la pratique du sexe sans protection », Fugues, vol. 16, n° 10, janvier 2000, pp. 82-90.
Gourvennec Patrick (1999) Tilt, Latresne : Editions Le Bord de lEau.
Gray Robert (Sir) (1999) Mémoires dun homme de ménage en territoire ennemi, coll. Le rayon, Paris : Balland.
Iribarren Jean-Michel (2000) Linsecte, coll. Solo, Paris : Seuil.
Isherwood Charles (1996) Wonder Bread and Ecstasy : the Life and Death of Joey Stefano, Los Angeles : Alyson Publications.
Kapferer Jean-Noël (1987) Rumeurs, le plus vieux média du monde, Paris : Seuil.
Kételaers Claude (2000) Le cri des Pédégouines au printemps, Lille : Editions Gay-Kitsch-Camp.
Leraton René-Paul (1999) « Parlons dazur », in Parlons dazur-seconde année découte, juin 1998-juin 1999, collectif, Ligne Azur, pp. 6-7.
Lestrade Didier (2000) Act Up une histoire, Paris : Denoël.
Le Talec Jean-Yves (1997) « Allo docteur
», Observations et témoignages, n° 9, juin, p. 18.
Le Talec Jean-Yves (1997) « Un pionnier toujours jeune », Observations et témoignages, n° 9, juin, p. 18.
Le Talec Jean-Yves (1998) Les Surs de la Perpétuelle Indulgence : du mélange des genres à laction politique au temps du sida, mémoire de DEA de sociologie, université de Toulouse-Le Mirail, multigraphié.
Le Talec Jean-Yves (1998) « Allo maman bobo », Observations et témoignages, n° 12, mars, p. 19.
Le Talec Jean-Yves (2000 b) « Problématique de limplication sur le terrain et de lengagement du chercheur », communication à latelier n° 4, colloque international de lAssociation internationale des sociologues de langue française, université de Toulouse-Le Mirail, 3-5 février 2000.
Marshall Patricia A. (1991) « Research Ethics in Applied Medical Anthropology », in Hill Carole E. (sous la dir.), Training Manual in Applied Medical Anthropology, Washington D.C. : American Anthropological Association.
Mendès-Leite Rommel (1996) « Une autre forme de rationalité : les mécanismes de protection imaginaire et symbolique », in Les homosexuels face au sida, collectif ANRS, coll. Sciences sociales et sida, Paris : ANRS.
Mendès-Leite Rommel et de Busscher Pierre-Olivier (1997) Back-rooms Microgéographie « sexographique » de deux back-rooms parisiennes, coll. Université, Lille : Editions Gai-Kitsch-Camp.
OConnel Julia et Layder Derek (1994) Methods, Sex and Madness, Londres et New York : Routledge.
Orant Pascal (1999) Plan direct, coll. Le rayon gay, Paris : Balland.
Patris Catherine (2000) Ma planète sida, Paris : LHarmattan.
Plunket Robert (2000) Jock-straps, coll. Le rayon, Paris : Balland.
Pollak Michael (1993) Une identité blessée, Paris : Editions Métaillié.
Remaides (2000) « Pourquoi faut-il continuer à se protéger ? », n° 36, juin, pp. 34-35.
Rémès Erik (1999) Je bande donc je suis, coll. Le rayon gai, Paris : Balland.
Rémès Erik (2000) Le maître des amours, coll. Le rayon, Paris : Balland.
Rofes Eric (1997) The Emerging Sex Panic Targeting Gay Men, communication à la conférence Creating Change de la National Gay and Lesbian Task Force, San Diego (Californie), 16 novembre.
Rofes Eric (1998) Building a Movement for Sexual Freedom During a Moment of Sex Panic, communication à la conférence The Second Annual Summit to Resist Attacks on Gay Mens Sexual Civil Liberties, Pittsburgh (Pennsylvanie), 13 novembre.
Rozenbaum Willy (1999) La vie est une maladie sexuellement transmissible constamment mortelle, Paris : Stock.
Scarce Michael (1999) « La fin du safer sex ? », traduction C. Martet, Têtu, n° 33, avril 1999.
Sowadsky Rick (1999) Barebacking in the Gay Community, document disponible sur internet : http://www.thebody.com/cgi/safeans.html, mai 1999.
Thévenin Patrick (2000) « Télépho-nique », Têtu, n° 44, avril, pp. 42-44.
Welzer-Lang Daniel et Dutey Pierre (1994) Rites de rencontres des gais au temps du sida, sociologie des établissements gais, université de Lyon 2, Agence française de lutte contre le sida, décembre, multigraphié, 215 p.
Welzer-Lang Daniel (1999) Bisexualités masculines et prévention sida, projet de recherche présenté à lANRS, non publié.
Welzer-Lang Daniel, Le Talec Jean-Yves et Tomolillo Sylvie (1999) Les Surs de la Perpétuelle Indulgence Contribution socio-ethnographique à lhistoire du sida, rapport de recherche à lANRS, Paris, multigraphié.
Welzer-Lang Daniel, Le Talec Jean-Yves et Tomolillo Sylvie (2000) Un mouvement gai dans la lutte contre le sida, coll ? Logiques sociales, Paris : LHarmattan.