Le risque du sexe,
entre rumeur et réalité


Rapport de recherche

Jean-Yves Le Talec


Le risque du sexe, entre rumeur et réalité

La prévention de la transmission du VIH chez les homosexuels masculins,
« état des lieux » du dispositif à Paris, établi entre janvier et juillet 2000


Rapport de recherche - Jean-Yves Le Talec, DMV

Doctorant en sociologie, université de Toulouse-Le Mirail,
membre de l’Equipe Simone-Sagesse « Savoirs, genre et rapports sociaux de sexe ».

Jean-Yves Le Talec – 6, rue de la Bourse – 31000 Toulouse – 05 61 13 94 72
letalec@univ-tlse2.fr

Ce travail de recherche a été commandé et financé par la Direction des affaires sanitaires et sociales de Paris (Mission Sida – Toxicomanie – Hépatites, Dr Catherine Gerhart) et conduit par l’association SOS Habitat & Soins.

DASS de Paris, 75 rue de Tocqueville – 75850 Paris cedex 17 – 01 58 57 12 33
SOS Habitat & Soins – 379, av. du Pt Wilson – 93210 La Plaine Saint Denis – 01 55 87 55 55

Ce travail de recherche ne peut en aucun cas constituer une évaluation de telle ou telle structure ou activité. Il n’est que le reflet d’une situation à un moment donné.
Afin de préserver la confidentialité des données recueillies, certains noms ont été modifiés et certaines données rendues anonymes.
Les citations de références anglosaxonnes ont été traduites par l’auteur.

© Jean-Yves Le Talec, 2000


Remerciements

Ce rapport de recherche, dont j’assume la responsabilité d’auteur, a bénéficié de précieuses contributions : de nombreuses personnes m’ont aidé de leurs conseils et de leur expérience, d’autres m’ont soutenu et encouragé, d’autres enfin ont accepté de me consacrer une part de leur temps afin de répondre à mes questions.

Je tiens à remercier, en premier lieu, toutes les personnes que j’ai rencontrées et interviewées, avec ou sans micro : j’ai toujours reçu un accueil chaleureux de votre part, dans vos associations, vos institutions, sur le terrain, parfois même chez vous ou dans votre bar favori ! J’espère n’avoir trahi, dans ce rapport, aucun de vos propos, aucune de vos convictions.

Je remercie Catherine Gerhart, médecin inspecteur de Santé Publique à la DASS de Paris, de m’avoir permis de conduire ce passionnant travail de recherche. Si nos analyses ont parfois divergé, nous savons que notre objectif est commun, en matière de prévention et de santé publique.

Un grand merci à Jean-Marc Borello, Sylvie Justin et à toute l’équipe de SOS. J’ai pu travailler avec une grande liberté tout en étant constamment soutenu, ce qu’on peut appeler des conditions idéales !

Je tiens aussi à remercier mon directeur de recherches, Daniel Welzer-Lang, et ma directrice de laboratoire, Nicky Le Feuvre, ainsi que toutes et tous mes collègues de l’Equipe Simone-Sagesse à Toulouse. Merci pour l’intérêt que vous avez porté à ce travail de recherche et pour les conseils que vous m’avez prodigués.

Un coup de chapeau à Karine et à Didier qui ont patiemment et fidèlement retranscrit le matériel enregistré tout au long de cette recherche (dans des conditions techniques parfois déplorables). Sous vos doigts, quelques dizaines d’heures de bandes sont devenues seize millions de caractères (et quelques…) !

Et…

Merci surtout à Catherine Patris. Merci de ta confiance et ta précieuse amitié, depuis que nos planètes se sont croisées…

A vous les amis, pour les sourires et les coups de gueule.

In fine, pas remerciements, tu n’aimes pas ça… Tu as pourtant été témoin de mes élans et de mes découragements, de mes colères, de mes incompréhensions et même de ma naïveté, tu m’as secoué lorsqu’il le fallait, tu m’as aidé – beaucoup – chaque fois que tu le pouvais…
Vraiment, je ne te remercie pas, de tout cœur !


À Dominik Le Fers,

En espérant aujourd’hui
honorer ma promesse.


Préambule

Chercheur et militant…

Durant ces quinze dernières années, j’ai consacré une grande partie de mon temps à militer, d’abord dans une ONG humanitaire, puis dans le « mouvement gai » et celui de la lutte contre le sida. J’en garde, à ce jour, le souvenir d’une période passionnante et épuisante, et ce n’est certainement pas fini ! Depuis quelques années, je me suis orienté vers la recherche en sociologie : je souhaitais prendre un peu de recul, mieux comprendre les enjeux théoriques de cet activisme. Cela m’a conduit à travailler, comme je le souhaitais, sur un mouvement que j’ai fondé en France, avec d’autres : Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence.

Aujourd’hui, au terme de ce travail de recherche sur la « prévention gaie » à Paris, je mesure combien il est difficile de se détacher de son passé et de ses engagements. Je me suis trouvé en tant qu’observateur dans des lieux où, quelques années plus tôt, je menais des actions de prévention… Je ne pouvais adopter la même attitude, ni le même état d’esprit, face à des situations dont j’étais le témoin. Devant deux hommes qui s’enculent sans capote, Sœur Rita aurait sans doute réagi, d’une manière ou d’une autre… mais en tant que chercheur, que faire ? J’avoue avoir souffert de cette situation, ce qui m’a conduit à recourir à une forme de « régulation » personnelle. J’ai trouvé, auprès d’un thérapeute, un espace de parole indispensable pour assurer correctement mon travail, exprimer parfois ma colère, apaiser mes sentiments, bref, assumer ma position.

Sans nul doute, ce contexte a influencé l’ensemble de cette recherche : nombre de mes interlocuteurs connaissent mon passé militant, et je suppose qu’ils ont pu percevoir mes doutes, ne serait-ce qu’inconsciemment. Mais je pense que les uns et les autres, nous avons joué le jeu le plus honnêtement possible.

Et si j’ai pu avoir un moment l’illusion de la distance, la réalité m’a cruellement rappelé à l’ordre. Pendant cette période de recherche, l’un de mes amis a été contaminé par le VIH.

Où que l’on soit, le combat continue.

Jean-Yves Le Talec
Toulouse, août 2000


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