Le mot du pharmacien (2)
(8-2-01)

Le traitement d'urgence







Le Traitement d’urgence a d’abord été initié pour le personnel médical qui s’exposait à des risques de contamination en soignant des personnes séropositives ou atteintes du sida. Une infirmière se piquant avec une aiguille, ou un chirurgien se coupant avec son scalpel, prenaient le plus rapidement possible un traitement à base d’AZT qui était alors le seul traitement disponible. Le but de ce traitement était d’éliminer le VIH le plus tôt possible, avant qu’il ne pénètre dans des cellules dites sanctuaires, où il est très difficile à déloger. En se faisant, on empêche l’infection de s’installer et on évite la contamination. Cette méthode a démontrée son efficacité et elle a été améliorée avec l’arrivée des trithérapies. La personne qui vient de s’exposer au VIH peut prendre ce traitement pendant un mois et voir son risque de contamination considérablement réduit.



Mais attention, ce traitement ne peut être prescrit que par un médecin hospithalier et doit être pris le plus tôt possible après l’exposition au risque. Il faut donc se rendre aux urgences de l’hopital le plus proche pour en bénéficier. Les résultats sont très bons car en 1999, en France, il y a eu 3187 demandes de traitements d’urgences qui ont aboutis a 1835 prescriptions de trithérapies. Sur ce nombre il n’y a eu aucune contamination avérée.

Cependant, ces données très encouragentes ne doivent pas inciter au relachement de la prévention ou à la prise de risque inutile. En effet, sur les 1835 traitements d’urgences, il y a eu 13 cas d’effets secondaires graves dont trois décés. C’est pour cela que le dialogue avec le médecin urgentiste lors de la demande de traitement d’urgence est très important. Quel a été la situation à risque ? (rapport non protégé, préservatif qui éclate, échange de seringues), connaît on le statut sérologique de la personne avec qui on a pris le risque ? Toutes ces informations sont très importantes à communiquer et à pondérer pour évaluer le rapport bénéfices risques d’un tel traitement.

Laurent Filoche



Voir aussi : Le mot du pharmacien (3): Primo infection à VIH (23-10-03)
Voir aussi : Le mot du pharmacien (1): Principes et traitements du VIH (27-11-00)