Commerce du sexe et sexualités récréatives
(Intervention)



Colloque de L'Institut d'étude de la famille et de la sexualité - 4 et 5 avril 2003

Normes et conduites sexuelles : continuités et évolutions
Confrontations sociocliniques et ouvertures interdisciplinaires
Université Catholique de Louvain (UCL), Louvain-la-Neuve.


Commerce du sexe et sexualités récréatives


Daniel WELZER-LANG
Sociologue, Université Toulouse Le Mirail








Commençons par une rapide définition de la sexualité récréative:
La sexualité récréative est une forme de sexualité en disjonction avec la reproduction (acquis des luttes sur la contraception), la conjugalité, les projets sociaux ; un espace de récréation comme peut l’être un repas, une ballade. Elle prend du sens pour la/les personnes concerné-e-s (Bozon, 2001), mais en dehors de tout projet de construction de liens, même si certains liens peuvent se créer.


Des demandes en évolution (1)
Le commerce du sexe change, il n'est pas le seul à changer. La place qu'occupe la sexualité dans les modes de vie est aussi en évolution. On peut sans doute faire l'hypothèse que l'extension actuelle du commerce du sexe a pour origine les différents mouvements, concordants et contradictoires, qui prennent eux-mêmes leur source dans les modifications des modes de vie, dont la sexualité et le travail du sexe sont les miroirs à peine déformants.

Il n'y a pas si longtemps, le commerce du sexe s'ancrait essentiellement dans la prostitution.
Celle-ci correspondait classiquement à une forme de gestion dichotomique des désirs sexuels masculins. D’un côté la femme légitime, de l'autre la femme maîtresse ou prostituée, payée, chargée de satisfaire les désirs sexuels ; une femme (2) affectée de vertus érotiques. Les valeurs morales, notamment l'association de la sexualité au sale, au désordre, favorisaient cette séparation entre affects conjugaux et familiaux avec les femmes respectables, mères des enfants, et sexualité libidinale avec d'autres ; même si les relations avec les personnes prostituées n'étaient pas – notamment pour les clients réguliers – dénuées d'affects.
Dans les dernières décennies, parallèlement à la désaffection de certains hommes pour la prostitution (le nombre de jeunes gens qui déclarent avoir été initiés sexuellement par une prostituée est aujourd'hui résiduel (Spira et al., 1993)), le travail du sexe hors prostitution de rue a, en partie, remplacé les formes classiques de prostitution, notamment pour certains clients des classes moyennes et supérieures. Aujourd'hui, sans même parler du confort des relations dans des lieux clos, chauffés, considérés comme plus sécures, il vaut mieux se déclarer « libertin » ou « non-conformiste » que client de prostitué-e-s. Tout se passe, comme le dit Lilian Mathieu (1998), comme si les hommes étaient soumis à une injonction de séduction.
Ainsi, le nombre de prostitué-e-s de rue a chuté depuis une vingtaine d'années. Remarquons d'ailleurs que les jeunes femmes prostituées victimes de traite des femmes et originaires d'Afrique ou des anciens pays de l'Est sont venues compenser le déficit en femmes jeunes dans la pyramide des âges sur le trottoir (3). Globalement, le nombre de prostitué-e-s de rue a baissé.
Ce constat n'explique pas pour autant toute l'extension actuelle des territoires liés au travail du sexe.


Des sexualités récréatives en extension
Lors de notre étude sur l'échangisme (Welzer-Lang, 1998, 2001), nous avions déjà noté la brèche que représentait cette pratique dans la division sexuelle vécue dans les couples hommes/femmes. Nous avions notamment expliqué l'apparition de désirs de sexualités récréatives et la complexité des rapports sociaux de sexe. Nous pouvons étendre nos réflexions sur l'échangisme aux autres formes de commerce du sexe.
La famille, devenue plus relationnelle (Durkheim, 1921), est en perpétuelle évolution. Confrontée ces dernières décennies aux récusations féministes de la domination masculine, à la remise en cause des rapports sociaux de sexe qui construisent les couples, elle a même vu récemment ses bases hétérosexistes et homophobes contestées par les mouvements gays et lesbiens. La lente émergence de l'individu-e, qui constitue le grand tournant des années 60, est consubstantielle avec l'entrée du désir sexuel dans la famille ; pour les hommes comme pour les femmes. Poursuivant la diffusion du dispositif de sexualité dans la famille (Foucault, 1976 : 140-142), une multiplicité de modèles sont apparus, dont l'échangisme n'est qu'un pôle émergent, comme le sont d'ailleurs aujourd'hui au Japon les « sans sexe » qu'évoque la sociologue Chizuko Ueno (1995). Multirelationnalité sexuelle et non-sexualité conjugale sont les deux extrêmes d'une pratique qui s'étend et se diversifie.

Dans le même temps, de plus en plus de personnes, hommes ou femmes, vivent seules, que cette forme de vie soit considérée comme un choix ou non. Il est alors tentant pour elles de recourir à des formes de rencontres affectives et/ou sexuelles proposées par le commerce du sexe (4).


Et de nouveaux « bordels »
L'extension de la sexualité récréative pour gays ou pour couples, l'accueil d'hommes seuls (et de quelques rares femmes seules) dans les sex-clubs, ne doit pas nous faire oublier qu'à côté de la prostitution traditionnelle, s'ouvrent aujourd'hui des « nouveaux bordels » dont nous avons présenté la version espagnole dans notre rapport sur le travail du sexe (2002). Aux anciennes formes de contraintes et de violences (aujourd'hui réprimées par les lois), le libéralisme propose une prostitution « propre » (qui ne pollue pas les rues des centres-ville) (5), rationalisée, moderne, où les femmes sont « libres » de travailler ou non (6). « Le libéralisme moderne […] a promu une éthique et un idéal de liberté individuelle tout en subordonnant l'exercice de cette liberté à une soumission à des formes nouvelles et insidieuses d'autorité et à des mécanismes de contraintes de plus en plus intériorisés », nous dit David Halperin (2000 : 35).
A la violence physique des anciens proxénètes se substitue la violence du libéralisme mondialisé qui exploite le différentiel de richesse entre les pays du Nord et ceux du Sud, tout en dépossédant les femmes prostituées d'une partie de leurs gains. La différence, et elle est de taille, est que cette exploitation du travail du sexe se fait au nom de la liberté individuelle.
Et les clients affluent, nous avons pu le constater.


Les clients et les consommateurs
On le voit, une kyrielle de modèles émerge à travers le commerce du sexe et explicite sa large diffusion actuelle. L'utilisation du commerce du sexe n'est pas monocausale.
Est-ce à dire que nous pourrions opposer les clients classiques de la prostitution qui paient une personne à l'acte, aux nouveaux consommateurs venus en couple ou non, qui rétribuent une structure offrant des possibilités de rencontres sexuelles ?
Nous ne le pensons pas. Dans l'ensemble des espaces dévolus au commerce du sexe, nous trouvons côte à côte des hommes et des femmes qui veulent modifier les rapports sociaux de sexe et qui se heurtent aux représentations stéréotypales du genre vécues dans la pornographie, et des hommes qui manifestent des visions extrêmement machistes de la sexualité. Là aussi les codes se brouillent. A côté de nouvelles productions érotiques et pornographiques (parfois initiées par des femmes) apparaissent massivement des mises en scènes de violences faites aux femmes.

Pour expliquer cela, une autre hypothèse nous semble importante à exposer.


Le commerce du sexe comme résistance masculine aux changements
L'hypothèse que nous avons développée lors d'une journée du CNRS consacrée à la « nouvelle pornographie » le 18 juin 2002 est que le commerce du sexe actuel, dont la nouvelle pornographie est partie prenante (7), est aussi une forme de résistance masculine aux changements, une forme de vengeance pour certains hommes qui n’arrivent plus à trouver dans les rapports sociaux de sexe ordinaires les femmes dont ils disent avoir le besoin ; ou qui refusent les propositions de changements exprimées par certaines femmes qui veulent bien s'amuser dans la sexualité, mais en en négociant aussi les modalités. Pour des hommes, des « mâles », qui n’arrivent plus à vivre de la manière dont on les a socialisés comme hommes traditionnels, c’est une forme d’exutoire d’une sexualité masculine très hétérocentrée. Quand la violence institutionnelle du mariage ou les rencontres ordinaires ne garantissent plus la mise à disposition de femmes soumises aux désirs masculins, la libre adhésion de femmes payées pour ces tâches vient les remplacer (8).

Bien sûr, on ne peut réduire toute la pornographie à cela. On nous objectera que dans la « nouvelle pornographie » – ou en même temps que la nouvelle pornographie – des femmes, dont certaines se réclament du féminisme (le féminisme pro-sexe), écrivent, tournent, que d'autres essaient d'utiliser la pornographie comme outil libératoire (Ovidie, 2002). Cela est incontestable, et dans le cadre de cette étude, nous en avons même interviewé certaines. La pornographie est aussi un enjeu de luttes au sein duquel des femmes critiquant sexisme, misogynie et patriarcat, revendiquent d'autres paroles, d'autres places et un statut de créatrices à part entière. A l'inverse d'Ovidie (2002 : 166), nous pensons même que les écrits et publications de Catherine Breillat, Virginie Despentes, Annie M. Sprinkle, Ovidie, Catherine M.… font tendance. En opposant une parole et des fantasmes pornographiques pensés, écrits, voire diffusés par des femmes, en prônant une alliance entre créatrices et travailleuses du sexe (9) et pour d'autres raisons (le refus de l'homophobie, de la victimologie, etc.) elles s'opposent objectivement aux tendances pornographiques qui réduisent les femmes à leurs seuls orifices (10). Sans vouloir jeter l'opprobre sur leurs productions, force est de constater le peu de clients rencontrés qui reprennent à leur compte ces discours libératoires ; y compris parmi les fans d'Ovidie.
Autrement dit, notre hypothèse sur le succès actuel de la pornographie comme résistance masculine à vivre des rapports plus égalitaires avec des femmes, voire comme vengeance de certains hommes contre les positions féministes qu'adoptent de plus en plus de femmes ; ne doit pas être confondue avec la condamnation systématique de l'érotisation des corps, de leurs mises en scène. Nous ne saurions confondre notre position de chercheur-e-s empiriques associé-e-s aux luttes contre les violences faites aux femmes, à une position citoyenne d'entrepreneur-e-s de morale.


Une multiplicité de modèles érotiques intimes
Ces évolutions et la multiplicité des formes de commerce du sexe s'ancrent dans un éventail de modèles érotiques, ou plus exactement d'« orientations intimes », mises en valeur par Michel Bozon. Ces orientations intimes constituent « des configurations distinctes, en nombre limité […] associant de manière stable des pratiques de la sexualité et des représentations de soi ». Ces types d'orientation intime constituent de véritables cadres mentaux qui délimitent l'exercice de la sexualité, définissent le sens qui lui est donné « et indiquent le rôle que la sexualité joue dans la construction de soi. Les orientations intimes sont au fondement de classements sexuels des individus […]. Elles prennent leur source dans des processus biographiques et font corps avec les individus […]. Les orientations intimes constituent un niveau social intermédiaire qui, simultanément, subit l'influence de fonctionnements macro-sociaux et joue un rôle dans les processus de mise en cohérence du sujet » (Bozon, 2001 : 13).

L'ensemble de ces tendances a trouvé dans le libéralisme un cadre propice. Le libéralisme économique a généralisé les possibilités de services payants. Le commerce du sexe, pour les hommes gays (Mendès-Leite, 1997, 1999), puis pour les autres – hommes ou femmes hétéros ou bisexuel-le-s, et couples hommes/femmes –, a offert un cadre normatif alternatif tant à la prostitution de rue qu'aux rencontres informelles et gratuites dans l'espace public (ou privé). Aux services tarifés d'une personne, au hasard et aux éventuels dangers (11) se substitue alors l'accès à une sexualité négociable, plurale mais sécurisée, contrôlée, bref normalisée. Toutefois, les lieux de rencontres et les backrooms décrits par Rommel Mendès-Leite, qu'ils concernent des homosexuels identitaires (qui se revendiquent comme tels) ou non, donnent à voir des sexualités entre hommes, entre égaux. Ce qui n'est pas le cas des rapports entre hommes et femmes.


Des sexualités normatives
Construit sur les mêmes modèles de domestication de la sexualité que les établissements pour hommes, le commerce du sexe hétérosexuel montre une lutte sous-jacente, mais permanente, pour que les femmes, les compagnes et/ou les femmes qui fréquentent ces lieux, adoptent un modèle de sexualité récréative hérité des modèles sexuels masculins. Ceci est largement favorisé par la pression exercée par des hommes consommateurs qui cherchent dans le commerce du sexe à se ré-assurer et à (re)légitimer des formes de sexualités viriles contestées par ailleurs.
Dans le milieu libertin (type sex-clubs), nous serions donc en partie en présence d'une nouvelle tentative, initiée par les hommes, de dépasser la dichotomie traditionnelle qui organisait la gestion multisexuelle des désirs masculins. Ceci est d'autant plus facilité par le leurre, l'effet d'annonce, que constitue l'appellation « échangiste » elle-même (12). Mais cette utopie « conjugale » qui vise à dépasser les territorialisations masculines et féminines des sexualités (le fait de s'amuser ensemble), se heurte aux formes masculines de gestion et de contrôle du commerce du sexe qui instrumentalisent ce que la pornographie décrète être le désir féminin, et à la définition fondamentalement masculine de cette forme d'utopie elle-même.

En l’état, même ouvrant sur des formes de sexualités moins hétéronormatives, en particulier sur les bisexualités ou la multisexualité conjugale (le dépassement du « deux »), l'échangisme ou les autres formes de travail du sexe récréatif n'ont rien d'une sexualité libérée des stéréotypes sexistes. Au contraire, intégrant l'émergence (récente) du désir féminin dans le couple, et sous couvert d'un discours libéral, la recomposition actuelle du commerce du sexe apparaît comme une énième tentative pour perpétuer le pouvoir masculin, mis à mal ces dernières années par les luttes des femmes.
Plus, face au manque d'appétence des compagnes et des femmes en général pour les pratiques sexuelles, souvent extrêmement stéréotypées, que propose le commerce du sexe, et/ou au refus d'autres hommes de voir leur compagne s'adonner à une sexualité collective, de nombreux et nombreuses professionnel-le-s sont embauché-e-s sous une forme ou une autre. Leur salariat est la marque des rapports de pouvoir existant entre ceux qui consomment du sexe et ceux/celles qui sont payé-e-s pour offrir des services disponibles à cette consommation.


Une porno produite par des femmes
C'est dans ce cadre contrôlé et normatif qu'apparaissent aujourd'hui quelques essais, mis en scène par des femmes pour donner un contenu plus égalitaire aux représentations de la sexualité. Quels seront les effets des actions de ces femmes qui essaient, parfois, de se dégager des impositions masculines ? Devront-elles masculiniser leur érotique et se (re)conformer aux stéréotypes machistes ? Arriveront-elles à faire valoir un autre type de commerce ou à produire des inflexions significatives sur le commerce du sexe actuel ? Verra-t-on des femmes utiliser de manière massive le travail du sexe comme le font les hommes aujourd'hui ? Assisterons-nous dans le futur, dans le travail du sexe comme dans l'ensemble de la société, à une atténuation de la division sexuelle du travail au profit d'un renforcement de la division par classe où hommes et femmes aisé-e-s utiliseront les services de personnes rétribuées pour satisfaire leurs désirs sexuels ? Il est trop tôt pour le dire.
En tout cas, le commerce du sexe constitue aujourd'hui un socle hétéroclite où se croisent (ex) clients de prostitué-e-s devenus consommateurs de sexualités récréatives, couples hommes/femmes, hommes voulant vivre leurs rapports sexuels entre hommes dans le secret sécurisant des établissements commerciaux, et quelques femmes pourfendant la misogynie du milieu.
L'ensemble de ces personnes, commerçant-e-s et industriel-le-s compris-e-s, forgent une sphère florissante de l'économie et un gisement d'emploi à intégrer dans nos analyses sociologiques, y compris d'ailleurs comme nous l'avons montré dans notre rapport (Welzer-Lang, Chaker, 2002) en termes de proxénétisme industriel.


Le contexte actuel : mondialisation et extension/recomposition des services du commerce du sexe
Le commerce libéral se mondialise, le commerce du sexe aussi. D'un côté, notons la traite des femmes, l'immigration aux fins de prostitution de milliers d’entre elles d'abord poussées par la misère économique et le besoin de survivre. De l'autre, signalons les délocalisations de services télématiques vers les paradis fiscaux et l'embauche aux tarifs locaux d'animatrices de téléphone rose et webcams pour les strip-teases en direct sur Internet, voire aussi la production d'objets pornographiques dans les pays du tiers-monde et la diffusion mondiale de chaînes TV pornos par satellites.
En ce sens, quelles que soient les volontés réglementaristes locales, les réflexions se doivent d'être européennes et mondiales.
Dans ce contexte, nous assistons à des phénomènes concordants.


Concentration des moyens et capitaux/captation de clientèle
Comme d'autres formes de négoce, le commerce du sexe est soumis aux tendances libérales de concentration. Les salons de l'érotisme (quelles qu'en soient les appellations exactes), très populaires en Belgique, naissants en France, en sont une forme intéressante. Ces salons associent, avec une proportion qui varie d'un organisateur à l'autre, — des formes traditionnelles du commerce du sexe (sex-shops, lingeries érotiques, strip-tease, théâtre érotique…), — des producteurs nationaux ou européens (revues pornographiques ou érotiques, vidéos-porno, sites webs, vendeurs de piscines, de jacuzzi, de produits divers, lignes de rencontres), — des commerçants locaux ou régionaux (clubs échangistes, saunas, sex-shops, sex-clubs, parfois des discothèques grand public [voir après], des créateurs et créatrices divers-e-s et varié-e-s (body painting, piercing, tourneurs sur bois, peintres, vidéastes…), — et des commerces présents dans tous les salons (bar, restauration…). On y trouve aussi des stands de prévention sida.
Outre les métiers, les activités, les « petits boulots » liés directement à la sexualité masculine, ces salons génèrent aussi un ensemble d'emploi « ordinaires », allant de la « dame-pipi » aux agents de sécurité, en passant par les serveurs et serveuses, mais les métiers exercés dans ces lieux particuliers sont alors soumis à des contraintes et à des pollutions spécifiques. Nous avons ainsi recueilli beaucoup de plaintes où des jeunes femmes, travailleuses du sexe ou non, dénonçaient des formes de harcèlement. Dans cette volonté de globaliser les services payants liés à la sexualité masculine, nous avons pu aussi observer la volonté de certains responsables de salons de s'ouvrir aux communautés gays par les formes de strip-tease proposées, l'embauche d'agents de sécurité ou d'animateurs gays. Nous avons pu alors constater de visu l'efficacité de ces dispositifs contre les agressions homophobes.
Organisés par des sociétés possédant de gros capitaux, ou par des agglomérations de petits commerçants qui s'associent pour faire vivre ces événements, ces salons sont une forme actuelle de concentration de moyens visant à quitter l'éparpillement qui sous-tend en général l'implantation des petits commerces dans les espaces urbains. Les salons de l'érotisme sont la forme fédérative actuellement la plus accomplie d'exposition du commerce du sexe en dehors de la prostitution.
Les performances artistiques annoncées, la présence de porno-stars, et les campagnes de publicité massive amènent une quantité importante de clients : jeunes « mâles » en bandes, couples homme/femme (des plus jeunes aux plus âgés), quelques rares femmes seules, quelques groupes de jeunes femmes et beaucoup d'hommes seuls. D'après nos comptages (empiriques), les femmes (travailleuses du sexe comprises) représentent entre 20 et 40 % du public suivant les jours, les heures.

Nous retrouvons ce même phénomène de concentration de capitaux et moyens/captation de clientèle dans les bordels que nous avons étudiés en Catalogne, où officient un nombre important de travailleuses du sexe (de 20 à 50 pour les plus petits à 150 pour les plus grands). L'entrée (payante) dans la salle/bar de rencontre, la restauration servie aux femmes prostituées, la location du téléphone portable, les services d'un coiffeur (ou d'une coiffeuse), sont autant de services vendus par les « propriétaires d'hôtels » aux hommes clients et aux travailleuses du sexe. Ces « propriétaires » ont investi dans des locaux modernes, souvent neufs, érigés dans la périphérie des villes, près des centres commerciaux ou des concentrations industrielles, et ils rentabilisent leurs mises en exploitant (au sens littéral du terme) le travail du sexe fourni par les prostituées. Devant la modernité que représente un grand bar où des femmes, souriantes, pas farouches et… en tenue légère, proposent leurs services à tout client qui le désire, et ceci pour un prix fixe (de 45 à 60 euros) perçu par l'établissement ; devant un lieu où on sort en bandes d'hommes, où les compagnes ne peuvent savoir qui, dans le groupe des conjoints, « est monté » et qui, par fidélité, est resté au bar (l'accès est interdit aux non-prostituées), le succès est garanti. Ces nouveaux bordels en voie de reconnaissance obligent les anciens clubs à fermer ou à se transformer.

Quant aux sociétés de cybersexe, l'ethnographie (13) parle d’elle-même. La concentration de moyens, la cotation en bourse, la diversité des activités (téléphone rose, internet/minitel rose, TV porno…) font que ces sociétés se retrouvent parmi les leaders de l'Internet européen.





Bases empiriques sur lesquelles s’appuient nos analyses



Porosité des frontières
Nous venons de le signaler, des discothèques ordinaires sont également présentes dans les salons de l'érotisme. De la même manière, il y a de plus en plus de cages à barreaux (pour des exhibitions) dans ces mêmes discothèques (14) qui annoncent, comme d’autres aussi le font par flyer interposés, des shows, des strip-tease…
Dans les années 90, nous avions d'une part, trois pôles qui organisaient autour d'eux les activités du commerce du sexe : — la prostitution, de rue ou en établissement, — les clubs de rencontre à vocation sexuelle : clubs échangistes, backrooms gays, saunas…, — les petits commerces : cinéma porno, sex-shops… D'autre part, nous avions les activités de loisirs : bals, discothèques, clubs de sports, etc. Boîtes de nuit et discothèques rassemblaient la jeunesse en quête de rencontres affectives et/ou sexuelles dans des jeux de drague traditionnels.
Ces deux types d'espace étaient clairement et nettement différenciés.
Aujourd'hui, nous assistons à une porosité des frontières entre commerce du sexe et commerce de loisirs nocturnes, comme entre les différentes formes du commerce du sexe lui-même. Non seulement les clubs échangistes ou les backrooms gays ont quitté la semi-clandestinité pour apparaître souvent dans les médias, mais en plus, les boîtes de nuit affichent aujourd'hui des prestations et des équipements qui étaient auparavant spécifiques aux commerces du sexe.
Une comparaison visuelle est plus parlante que de nombreux discours. Laissons donc au lecteur, à la lectrice, le soin d'essayer de déterminer, entre ces deux publicités, celle qui se réfère à une exhibition dans un club échangiste, et celle qui concerne une banale discothèque.


Un exemple de porosité : une publicité est produite par un club échangiste, l’autre par une discothèque ordinaire fréquentée par les jeunes de moins de 30 ans.


Nous retrouvons cette porosité des frontières dans les activités, nouvelles en France et en Espagne mais pas en Belgique, que l'on désigne sous le nom d'« enterrement de vie de garçon », où un groupe (amical) appelle une call-girl (ou un call-boy) pour effectuer un strip-tease.


Mobilités professionnelles
Une autre difficulté se présente lorsqu’il s’agit de typifier métiers et activités du travail du sexe. Hormis quelques places bien déterminées, il est courant de voir une femme – notamment au début d'une carrière – passer du rôle de vendeuse de revue porno à celui de serveuse/animatrice dans un club échangiste, d’hôtesse de bar américain à animatrice de téléphone rose, ou de voir de la même manière un homme passer de vendeur de sex-shop à producteur de films pornos, etc. Et ceci alors même que certaines activités, même si elles sont rémunérées (serveuse/animatrice de club échangiste, animatrice d'un concours « Miss T-Shirt mouillé »), ne sont pas identifiées par les femmes comme du travail sexuel. D'autres encore vont assister des professionnel-le-s dans un salon de l'érotisme de manière bénévole avant de tourner dans des productions pornographiques, etc.
Pour le dire autrement, un nombre important d'activités et de métiers liés au travail du sexe ont des contours flous, n'exigent pas de savoir-faire spécifiques et servent de bancs d'essai, de tests, avant que des femmes ou des hommes optent définitivement pour le travail sexuel. De plus, les professionel-le-s du sexe semblent montrer des mobilités professionnelles importantes à l'intérieur même du travail du sexe et/ou entre travail du sexe et travail extérieur à ces activités, notamment dans la création artistique. Parfois aussi, certaines femmes ont quitté le travail du sexe pour un « beau » mariage, ou inversement!


Des violences subies par le personnel
De la violence institutionnelle liée à la non-reconnaissance de ces activités et métiers, à des formes de somatisations corporelles (chutes de cheveux, prises ou pertes de poids, troubles gynécologiques) dues aux conditions de travail, en passant par la violence liée au stigmate attaché à cette sphère d'activité et les agressions/harcèlements de certains clients, notre rapport donne de nombreux exemples de violences subies par des femmes et des hommes dans le commerce du sexe.


Une asymétrie hommes/femmes
Comme dans la prostitution de rue (Welzer-Lang et al., 1994), les violences subies par les femmes ne sont pas similaires, ni symétriques à celles qui sont subies par les hommes. Non seulement de nombreux hommes rencontrés lors des salons de l'érotisme, main-d'œuvre gratuite de petits commerces, sont payés en nature (entrées gratuites dans les clubs, invitations à des soirées privées), mais surtout nous avons été marqué-e-s par le détachement que manifestent les hommes à propos de leur travail.
D'une part, la direction du personnel (hommes ou femmes) dit ne pas gérer personnel masculin et féminin de la même manière, ce que nous avons pu constater dans les entreprises de cybersexe et dans les sex-clubs. De l'autre, l'articulation vie professionnelle/vie privée est différente selon les sexes. Si nombre de professionnels sont gays (ce qui n’est pas vrai cependant dans le milieu du strip-tease), le stigmate attaché au travail du sexe varie plus encore avec le genre de la personne que selon sa tendance sexuelle. Pour une femme par exemple, le fait d’être associée au travail sexuel force la comparaison avec la pute, la salope ; pour un homme, non.


A qui se plaindre ? A qui demander conseil ?
Invisibles dans les débats actuels sur le travail sexuel, occulté-e-s par les employeurs de téléphonie qui masquent la réalité des charges de travail en faisant signer des contrats de travail (en France, mais pas encore partout en Espagne) où il est écrit noir sur blanc que les propos pornographiques ne sont pas tolérés (sic), ou bien encore embauché-e-s « au noir » dans les petits commerces, dans un lot d'économies souterraines (mais lucratives), la situation du personnel que nous avons rencontré est inquiétante.
Nous l’avions dit lors d'entretiens avec la presse régionale de Toulouse, ou plus exactement nous avions mentionné la difficulté pour les animatrices de téléphone rose de pouvoir parler à des inspecteurs/trices ou à des médecins du travail. Les réactions furent rapides, nous avons été menacés de procès en diffamation ! A n'en point douter, des mesures spécifiques doivent être prises pour résoudre ces questions.


CONCLUSION

Cette rapide communication retrace mal l’ensemble des impressions que nous avons ressenties lors des études citées et des débats actuels. Oui, la sexualité récréative existe, se diffuse. Elle utilise pour ce faire des personnes et des structures dédié-e-s à ce type d’activités.
Les débats actuels en France sont souvent le fait d’intellectuel-le-s , de militant-e-s qui connaissent mal ces réalités. Prenant les prostitué-e-s de rue en otage (du débat), réduisant la sexualité récréative à la seule prostitution de rue (qui pour moi est en voie d’extinction) (15). Ces débats sont d’ordre moral, et souvent victimologiques.

Le travail des sociologues est de rappeler sans cesse les réalités sociales qu’ils/elles peuvent étudier de manière empirique. Nos études montrent sans conteste des violences subies par les femmes et les hommes qui « travaillent » dans ces activités ; que le terme plaise ou non !
Pour ma part, et avec mon équipe de recherche, nous avons fait le choix de l’« alliance » avec les personnes les plus opprimées que sont les prostitué-e-s et les autres professionnel-le-s du sexe. Sans doute leur discours est euphémisé, décrivant leur travail de manière plus enjolivée que ne le sont les réalités vécues. Qui leur jetterait la pierre ? Outre les effets de stigmate qu’elles/ils essaient de contrer, il en va ainsi pour tous les métiers non valorisés.
En tout cas, il est grand temps de quitter les chemins bien balisés des certitudes morales pour aborder le commerce du sexe et l’exercice des sexualités récréatives, dans toute leur complexité.



Notes

(1) Quelques précisions : ce texte s’appuie sur nos travaux précédents en particulier :
Quand le sexe travaille. Rapport européen inachevé sur les violences faites aux femmes dans les activités et métiers liés à la sexualité masculine, présenté avec Saloua Chaker en octobre 2002 (financé par le programme Daphné (programme d'actions préventives de la Communauté européenne visant à lutter contre la violence envers les enfants, les jeunes gens et les femmes). Ce rapport est disponible sur www.mutisexualites-et-sida.org.
— Les travaux concernant les violences masculines faites aux femmes (Welzer-Lang, 1988, 1991, 1992, 2000), la prostitution de rue, le minitel rose, ou l'échangisme (Welzer-Lang, Mathieu, Barbosa, 1994 ; Welzer-Lang, Durand, 1994 ; Welzer-Lang, 2001 ; Welzer-Lang, Schutz Sanson, 1999).
(2) Qui pouvait d'ailleurs être parfois un homme.
(3) Rappelons qu'en 1992 lors de notre étude sur la prostitution lyonnaise, 50 % des femmes qui exerçaient sur le trottoir de Lyon avaient plus de 40 ans, et 20 à 25 % d'entre elles, dépassaient la cinquantaine. De plus, une femme prostituée sur trois était un homme de naissance. Ce sont eux, elles, que nous avons qualifié-e-s de transgenders (transgenres) (Welzer-Lang, Mathieu, Barbosa, 1994).
(4) Par manque de temps, et pour une plus grande lisibilité de la recherche, nous n'avons pas intégré les nouvelles formes de mises en relation dans notre étude sur le commerce du sexe : agence de rencontres, clubs sur Internet, etc. Ces officines sont en nette expansion et, pour certaines, en rapport direct avec le commerce du sexe ; notamment dans l'utilisation de femmes étrangères comme substitut au célibat masculin.
(5) N'oublions pas qu'actuellement en France, les arrêtés anti-prostitution prétendent lutter contre les nuisances et les pollutions créées par les personnes prostituées et les clients (bruits, préservatifs à terre…).
(6) Comme nous l'ont fait remarquer les propriétaires des hôtels que nous avons visités.
(7) Nous appelons « nouvelle pornographie » ce dont parlait Patrick Baudry à cette journée : une porno qui copie la porno amateur, une porno apparue depuis 1995 et qui se diffuse, sous une forme ou une autre, partout de manière massive, à travers tous les modes de communication (presse ado, Internet, pubs, TV…).
(8) Voir chapitre 3 la communication à cette journée qui argumente plus finement cette hypothèse.
(9) Quarante raisons pour lesquelles les putes sont mes héroïnes par Annie M. Sprinkle, http://ovidie@ovidie-pornslut.com/Annie%20Sprinkle/Les-Putes.htm.
(10) Nous laissons aux sémiologues le soin d'analyser le contenu de ces productions.
(11) L'intériorisation des campagnes sécuritaires a aussi sans doute joué un rôle dans le glissement qu'opèrent certains clients vers d'autres lieux de commerce du sexe.
(12) D'après nos comptages réalisés à partir des petites annonces, la population échangiste est composée d'environ 40 % de couples hommes/femmes, et de 50 % d'hommes seuls ; soit environ 70 % d'hommes (Welzer-Lang, 1998, 2001).
(13) Réalisée avec brio par Saloua Chaker et publiée depuis (Chaker, 2002)
(14) Je remercie Rudy Bensoussan de nous avoir communiqué cette information.
(15) Sans doute subsistera-t-elle, mais elle tend à perdre son caractère central et premier dans les pratiques masculines de sexualités récréatives. A quand un « eco-musée » pour ne pas perdre la mémoire de cette forme de négoce liée au patriarcat ?



Bibliographie citée



- Bozon Michel, 2001, « Orientations intimes et constructions de soi. Pluralité et divergences dans les expressions de la sexualité », Sociétés contemporaines, n° 41-42, pp. 11-40.
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Voir aussi: Quand le sexe travaille… Daniel Welzer-Lang - Saloua Chaker