Sida Un Glossaire



Petite revue de détails autour de vos bilans

Le bilan initial prescrit à la découverte de la séropositivité, puis le suivi thérapeutique du patient traité ont été assez bien définis dans les recommandations du groupe d'experts, rédigées sous la direction du Pr. Delfraissy en 1999. Aujourd'hui ce modèle de suivi médical systématique et très ciblé doit s'élargir à une prise en charge globale des séropositifs qui devront vivre longtemps avec leurs traitements. En effet, chaque consultation doit toujours tenir compte des éléments essentiels d'appréciation de l'efficacité du traitement (CD4 et
[CHARGE VIRALE] ) mais aussi, suivant l'âge et le sexe, rechercher les complications latentes dues à la maladie et les problèmes de santé ordinairement rencontrés chez l'adulte.

Voici quelques éléments pour vous guider dans la compréhension de vos analyses. Il faudra tenir compte du contexte de la maladie et du stade d'évolution de celle-ci pour les interpréter parfaitement.

Si la séropositivité est confirmée sur deux prélèvements sanguins. la décision de traiter sera discutée. Hors de la primo-infection et de la maladie Sida, la mise en route du traitement ne doit pas se faire dans l'urgence. Vous pouvez prendre le temps de la réflexion, quelques semaines ou quelques mois sont parfois nécessaires. Dans ce cas, le bilan initial doit comprendre un examen clinique soigné. un bilan biologique (hématologie. virologie. recherche de co-infections par hépatites, de maladies opportunistes), un examen gynécologique avec frottis pour les femmes, une radio pulmonaire. un entretien pour évaluer la consommation d'alcool, de tabac. pour connaître les traitements en cours. les antécédents familiaux d'hypertension et de diabète.

Par la suite, les consultations régulières de surveillance du traitement doivent être complétées par une attention particulière relevant d'un suivi plus large : modifications de l'aspect morphologique, risques cardiovasculaires, anomalies de la fonction hépatique, troubles hormonaux, modes de contraception adaptés.

Tous vos résultats d'examens biologiques doivent être accompagnés de l'indication de la technique utilisée et des normes propres au laboratoire.

HÉMATOLOGIE

- Le nombre d'hématies (globules rouges), le taux d'hémoglobine et le VGM (volume globulaire moyen) peuvent indiquer une anémie. LE NOMBRE DE LEUCOCYTES (globules blancs) et la formule leucocytaire montrent une infection s'il y a augmentation des polynucléaires. Les
[LYMPHOCYTES] signent la réponse immunitaire. LES PLAQUETTES SANGUINES interviennent dans la coagulation.
- La vitesse de sédimentation est augmentée dans les phénomènes infectieux et inflammatoires.
- Etude des sous-populations lymphocylaires:

LEUCOCYTES
4000 À 10000/MM3

POLYNUCLÉAIRES NEUTROPHILES 60 À 65%

ÉOSINOPHILES 1 À 2%

BASOPHILES 0,5 À 1%
LYMPHOCYTES
25 À 30%
MONOCYTES
6 À 8%

CD4 35 À 55% DES LYMPHOCYTES TOTAUX
SOIT 500 A 1100/MM3
CD8 19 À 37% DES LYMPHOCYTES TOTAUX
SOIT 200 À 800/MM3
RAPPORT CD4/CD8 SUPÉRIEUR À 1


VIROLOGIE

La technique utilisée pour mesurer la
[CHARGE VIRALE] VIH doit être indiquée ainsi que le seuil de sensibilité. Le résultat s'interprète en fonction des résultats antérieurs. Parfois une vérification s'impose dans les 10 à 15 jours qui suivent.

La charge virale s'exprime en nombre de copies par ml (sur une échelle de 1 à 1 000 000) ou en logarithme (log) de ce nombre (sur une échelle de 0 à 6). Le log est une fonction mathématique telle que

LOG1 = 0; LOG 2 = 0,3; LOG 3 = 0,48,
LOG 4 = 0,6; LOG 5 = 0,7; LOG 6 = 0,78;
LOG 7 = 0,84; LOG 8 = 0,9; LOG 9 = 0,95
ET LOG 10 = 1; LOG 100 = 2; LOG 1000 = 3; LOG 10 000 = 4; ETC.


Cette fonction permet de remplacer la multiplication de nombres par l'addition de leurs logarithmes, car log(a x b) = log a + log b.

EXEMPLE : une charge virale de 12 000 copies / ml s'exprime
en log de la façon suivante :
12 000 COPIES = LOG (2 x 6 x IO00) = LOG 2 + LOG 6 + LOG 1000 = 0,3 + 0,78 + 3 = 4,08.

SÉROLOGIE

Pour rechercher les co-infections et les maladies opportunistes éventuelles. Très tôt il faut détecter les
[ANTICORPS] antitoxoplasmiques ([TOXOPLASMOSE]), les anticorps anti-CMV ([CYTOMÉGALOVIRUS]) et vérifier la sérologie des [HÉPATITES] B et C. Si cette dernière est positive, elle doit s'accompagner d'une recherche qualitative de l'ARN-VHC.

BIOCHIMIE

Bilan glucidique : La régulation de la glycémie (taux de glucose dans le sang) est sous la dépendance d'une hormone, l'
[INSULINE]. La mesure de la glycémie se fait à jeun (depuis environ 10h). Pour la détection d'un [DIABÈTE] on complète l'examen par la mesure de la glycémie 90 min après l'absorption de 75 g de glucose. Le dosage de l'insuline n'est pas fait systématiquement.

Bilan lipidique : Aspect du sérum (à jeun).
Dosage
des
[TRIGLYCERIDES]
du
[CHOLESTEROL] total
du
[CHOLESTÉROL HDL]
et rapport Cholestérol total / Cholestérol HDL.

Ces dosages sont exprimés en g/l ou en mmol/l.

Il est intéressant de déterminer le cholestérol LDL, ainsi que de doser les Apo-lipoprotéines A et B pour évaluer les risques cardiovasculaires. Tous les résultats sont à comparer avec les résultats antérieurs, leur interprétation doit se faire sur le long terme. Parfois la prescription de
[STATINES], médicaments destinés à améliorer le taux de cholestérol et de triglycérides, impose la surveillance d'[ENZYMES] musculaires comme les CPK.

Bilan hépatique : Principalement les
[TRANSAMINASES] (SGOT ou ASAT, SGPT ou ALAT). Leur élévation notable de leur taux peut conduire à renouveler la recherche d'une co-infection par une [HEPATITE] B ou C. On dose aussi la bilirubine et les phosphatases alcalines (mise en évidence d'une obstruction des voies biliaires).

Bilan rénal : Le contrôle du fonctionnement des reins se fait par une mesure de la diurèse (volume des urines par 24h). Le dosage sanguin et urinaire de 1'uree et de la créatinine.

Plus généralement, chaque visite médicale doit vous permettre de faire le point complet de votre état général, sur des mesures diététiques éventuelles à prendre, de certaines modifications du traitement et aussi de tout ce qui est susceptible d'améliorer votre bien être.

Pour les jeunes femmes, un frottis au niveau du col et de l'endocol se pratique régulièrement et permet de connaître l'imprégnation hormonale, l'existence de la flore microbienne naturelle protectrice, l'absence de maladies sexuellement transmissibles, parasitaires ou infectieuses. Certaines lésions peuvent être dues au papillomavirus. Une classification des frottis est indiquée (Classe I et II frottis normaux, Classe III frottis suspect, classe IV et V risque de cancer). Avec un cycle ovarien irrégulier, le contrôle de la progestérone, de l'oestradiol, de la F.S.H., de la L.H. et de la testostérone sont prescrits. Il est recommander de faire une mammographie, tous les 4 ou 5 ans, surtout au moment de la ménopause.

Chez l'homme, on dose aussi bien la testostérone totale et la testostérone biodisponible en cas de troubles de la libido. C'est la testostérone biodisponible qui traduirait le plus précocement les phénomènes d'andropause.

Tout ceci est bien sûr schématique et n'est destiné qu'à servir de point de repère dans votre quotidien.




Médicaments Anti-VIH

ANALOGUE NUCLEOSIDIQUE

- COMBIVIR® (AZT+3TC)
GLAXO WELLCOME
- EPIVIR® (3TC)
GLAXO WELLCOME
- HIVID® (DDC)
ROCHE
- RETROVIR® (AZT)
GLAXO WELLCOME
- TRIZIVIR® (AZT +3TC+ ABACAVIR)
GLAXO WELLCOME
- VIDEX® (DDI)
BRISTOL MEYERS SQUIBB
- ZERIT® (D4T)
BRISTOL MEYERS SQUIBB
- ZIAGEN® (ABACAVIR)
GLAXO WELLCOME

ANALOGUE NON NUCLEOSIDIQUE

- RESCRIPTOR® (DELAVIRDINE)
PHARMACIA UP JOHN
- SUSTIVA® (EFAVIRENZ)
DUPONT PHARMA
- VIRAMUNE® (NEVIRAPINE)
BOEHRINGER

NUCLEOTIDIQUE

- PREVEION® (ADEFOVIR)
GILEAD

INHIBITEUR DE PROTHEASE

- AGENERASE® (AMPRENAVIR)
GLAXO WELLCOME
- FORTOVASE® (SAQUINAVIR)
ROCHE
- CRIXIVAN® (INDINAVIR)
MERCK
- INVIRASE® (SAQUINAVIR)
ROCHE
- NOVIR® (RITONAVIR)
SIROP ET CACHETS
ABBOTT
- VIRACEPT® (NELFINAVIR)
ROCHE
- ABT-378/R®
(LOPINAVIR/RITONAVIR)
ABBOTT