Colloque sur l’échangisme au LOV’INN,
Échange de points de vue…

L’équipe de Couples Contre le Sida 31 était présente le mercredi 16 octobre 2002, au LOV’INN, pour un colloque sur l’échangisme.






Colloque sur l’échangisme au LOV’INN, Échange de points de vue…

Article de Géraldine pour CCS 31 (Novembre 02)



La soirée, annoncée depuis plusieurs mois sur le site "toulouselibertin", a permis de réunir une vingtaine de personnes autour de la question principale soulevée par la direction de cet établissement :
« Que cherchent les libertin-e-s/ échangistes aujourd’hui dans les lieux de sexe et de désir? »
Ayant constaté comme beaucoup d’entre nous que les lieux libertins / échangistes se multipliaient sur Toulouse et sa région, la direction se demande comment le public libertin choisit ses lieux de pratiques. En effet l’offre est plus importante alors que la demande n’a pas évolué de manière quantitative mais plutôt de manière qualitative.

Libertinage ? Échangisme ? Mélangisme ?
Libération, évolution, confusion
.
Comme cela a été dit pendant les discussions de cette soirée, le mot libertin est aujourd’hui servi à toutes les sauces, porté par la vague médiatique qui déferle sur la planète échangiste.
Le petit Larousse parle « de personne qui mène une vie dissolue, d’une personne qui est de mœurs très libres, » ce qui fait beaucoup de monde ! En revanche en ce qui concerne la définition de l’échangisme on ne peut pas s’y méprendre : « pratique de l’échange des partenaires sexuels entre deux ou plusieurs couples ».
Dans son ouvrage, Les forcenés du désir, Christophe Bourseiller parle de l’échangisme hétérosexuel comme une religion du troc, où l’on ne peut pénétrer dans un lieu de swing que si l’on est accompagné par une personne du sexe opposé et former ainsi un couple.
Mais la réalité est autre. Il n’y a pas que des couples dans les lieux échangistes et il n’est donc plus question d’échangisme mais de multisexualité et d’hétérosexualité multipartenaire. Des hommes seuls, des « faux couples », des travesti-e-s, des femmes seules, des voyeurs, des exhibitionnistes représentent une partie importante de la clientèle de ces lieux de sexe et de désir. Ainsi on se retrouve entre partenaires qui se donnent réciproquement du plaisir.

Comment fédérer la clientèle libertine / échangiste pour faire des lieux libertins / échangistes des lieux de plaisir partagé ?
Effectivement, qu’est ce qui fait qu’un club est un endroit de qualité, correspondant aux attentes des libertin-e-s/échangistes ? « D’abord l’ambiance, disent certain-e-s. Oui mais ce sont les client-e-s qui font l’ambiance, répondent d’autres, et s’il n’y a pas d’ambiance la clientèle ne reste pas… ».Ainsi, tout le succès d’un club résiderait dans sa clientèle, clientèle de qualité pour en faire un club de qualité.
Pour que responsables et client-e-s y trouvent son compte, il faut un endroit libertin où les désirs des uns et des unes sont respectés. Les responsables des lieux veulent que la clientèle consomme, s’amuse et pratique dans l’esprit libertin ; la clientèle veut un certain standing, une hygiène irréprochable (mise à disposition de préservatifs), de la musique sympa permettant les rencontres sur la piste de danse et favorisant les pratiques sexuelles dans les coins câlins, ainsi que le respect de leurs faits et gestes au sein même du club (respect demandé par certain-e-s quand il y a refus de pratiquer du sexe avec d’autres). Le club échangiste de référence doit évidemment correspondre à ces propos, mais ne doit pas oublier que la clientèle a évolué et qu’elle évolue encore : des client-e-s ne consomment pas, certain-e-s ne pratiquent pas, d’autres viennent juste pour voir ou se montrer. Il faut faire avec ou faire sans, mais il faut être honnête avec la clientèle. Il semble contradictoire d’accepter les hommes seuls en grande quantité et de dire que la clientèle échangiste n’est plus la même parce qu’elle circule dans plein d’endroits ; il semble contradictoire d’exiger des femmes qu’elles soient en tenue sexy et d’accepter des hommes en jean et baskets; il semble contradictoire de dire que les jeunes qui débarquent dans le milieu ne consomment pas et ne correspondent pas à l’esprit libertin alors qu’ils se sont acquitté de leur droit d’entrée ; il semble contradictoire de se dire libertin-e-s et de ne pas accepter les différences…

Organiser un colloque sur l’échangisme, ou du moins un débat sur la question, est une excellente initiative. Savoir écouter et entendre les critiques, tout comme les compliments, est un autre engagement dans le professionnalisme. Néanmoins, le LOV’INN, établissement qui sait accueillir comme il se doit ses invité-e-s, a toutes les chances de son côté pour y parvenir.


Géraldine pour Couples Contre le Sida 31