Témoignages de Cédric








BONJOUR !!!

Je m'appelle Cédric et j'ai 16 ans.
Je vous écris pour que vous puissiez m'aider.
Il y a deux ans de cela, j'ai été virer de mon collège juste pour un magazine! Je trouve l'exclusion un peu abusive. Surtout que à mon avis, ce n'est pas que pour ça...
Je vous envoie alors une sorte de rédaction que j'ai écris avec l'un de mes surveillants de mon ancien collège. (Voir ci-dessous)
Je sais que les faits remonte à deux ans mais j'espères qu'il n'est pas trop tard pour faire bouger les choses !

Je vous laisse mes coordonnées :
Mon email:
canasaez@hotmail.com

A bientôt je l'espères !

Cedric

Je m’appelle Cédric et j’ai 15 ans.
Je vais vous raconter mon histoire, celle qui m’a bouleversée.
Une question subsiste encore ma raison :
Pourquoi m’a-t-on viré de Paul Bert ?


Quand je suis arrivé dans ce collège, dans l’ensemble ça c’est bien passé.
Pendant ma première, avec tous les 6ème on a fait un voyage dans le Périgord. Un soir, un copain écoutait son baladeur avec un autre garçon. Ils étaient tous les deux assis sur un lit. Quelqu’un entra dans la chambre, les vit et pensaient qu’ils faisaient quelques choses de pas très net ... Il en parla à tout le monde. Les profs étaient au courant de cela. Au retour, ils en ont parlé au médecin scolaire. Celle-ci était très choquée que deux jeunes garçons puissent faire “ une telle chose ”. Elle leur fit la morale comme quoi qu’ils avaient passer l’âge de jouer à “ touche-pipi ”
Mais une rumeur se déforme très vite. D’ailleurs mon directeur adjoint ( Mr Despins ) l’avait entendu et à son tour la déforma le jour où ma mère était convoquée. Le jour où je me suis fais virer. Oui, cette rumeur il l’a déforma en disant que c’était moi qui étais sur le lit avec l’autre garçon. Quand j’ai entendu ça je ne voulais pas croire que Mr Despins est pu dire une telle chose. Je ne trouve vraiment pas ça normal que juste avec des rumeurs, juste avec des mots, on peut changer la vie de quelqu’un.
D’ailleurs cette année-là, j’avais un copain qui était dans ma classe qui avait des préférences pour les autres garçons. Là aussi, beaucoup de rumeurs circulaient sur son dos. Tous les profs étaient au courant de cela. Beaucoup d’élèves l’injuriaient, lui ont tourné le dos. La plupart des professeurs faisaient la sourde oreille, rare le défendait.
Mais cet élève est partis: il n’en pouvait plus de se faire injurier par tout le monde par tout le monde. Il est partis pour se faire une nouvelle identité. Pour se faire de nouveaux amis, qui l’accepteront comme il est et qui ne le jugeront pas parce qu’il “  n’est pas pareille ” . Mais cela sont rares, très rares.
Le principal était au courant de cela mais n’a pas essayé de le retenir, n’a pas essayé de calmer les autres sur ce sujet là. Il n’a rien fait !

Ma deuxième année, c’est beaucoup moins bien passée : mes pensées et mon corps changeaient. Je commençais à avoir du désir pour les garçons.
J’ai flashé sur un garçon hétéro qui était dans ma classe. Je lui es dis que je l’aimais mais aujourd’hui je sais que je n’aurais jamais dû car tout le collège l’a su. Ca a été le même enfer que mon ami de l’année d’avant. Tout le monde me charriait et même certains me frappaient. Ils ne m’acceptaient pas comme j’étais. Les profs, eux, ne voyaient quasiment rien.
Le jour où les autres l’ont su, je me suis battu avec un de mes “ soi-disant ” copain. L’après-midi, il revenu avec une batte de Base-Ball . J’ai prévenu Mr Despins mais il n’a rien fait !
Pour une batte de Base-Ball on ne fait rien alors que pour un magazine on en fait toute une histoire.

Un peu avant la fin de l’année, je me suis décidé à aller voir l’assistante sociale. Elle m’a beaucoup aidé. Elle m’a montré comment faire face aux autres.
Cette année, il y eut un nouveau surveillant. Il s’appelait Jérôme. C’était un emploi jeune qui nous apprenait le théâtre. On s’entendait vraiment bien. Des surveillants comme lui, c’est rare !

L’année 1998-1999, l’année où je me suis fais virer, l’année qui a changé ma vie. Avec les autres ça c’est mieux passer que l’année d’avant. A part quelques petites exceptions... Je voyais quand même au moins une fois par semaine l’assistante sociale.
D’ailleurs notre professeur de français nous avez demandé de faire une rédaction sur la peur. J’en ai profité pour racontait ce que je ressentais par rapport aux autres. Voici donc la rédaction que j’ai écrite :

Ma peur

Moi j’ai deviné la peur au lever du soleil, c’était il y a un an environ, un jeudi précisément. Cette peur je l’ai ressentie au collège. Bien évidemment pas la peur des professeurs. Mais là c’était une peur étrange mais réelle. Une peur qui ressemble à ce qu’on pourrait appeler de la xénophobie (pas la peur des étrangers mais la peur des gens que je connais, qui se disent être ms amis).
Cette peur de ne pas toucher les gens, mais de les affronter : des rumeurs couraient sur moi et je devais donc en subir les conséquences.
D’habitude, j’avais quelques amis et certains dans ma classe étaient contre moi.
Mais ce jour là, même mes “ amis ” se retournèrent contre moi.
Là c’est la peur des gens que je pensais connaître. Des amis qui se retournent contre moi parce que je ne suis pas pareil.
La peur je l’eus quand ils se jetèrent tous sur moi. J’allais mal, je ne voulais plus voir personne.
Une bagarre éclata. Je n’ai pas frappé avec mes points mais j’ai frappé avec mes mots.
Je rentrais chez moi l’œil défiguré et le nez saignant.
Je retrouvais comme seul ami, en qui j’avais confiance, à qui je pouvais tout dire. Il s’appelait David : c’était mon chien.
Nous restâmes à parler jusqu'à l’aube où tout aller redevenir normal ; ou presque...

Cette rédaction a beaucoup touché ma prof de français. Quand j’ai écris ça je le pensais vraiment.

Cette année là, j’avais un copain plus jeune que moi : il avait 12 ans, j’en avais 14. Il s’appelait Stéphane. Un jour, il m’a demandé que je lui passé un magazine pornographique. Je lui es passé. Je ne sais pas pourquoi j’ai fais une telle chose, je sais seulement que je n’aurais dû.
Stéphane garda le magazine plusieurs semaines. Il le prêta à plusieurs de ses copains et de mains en mains il arriva dans les mains d’une fille de 6ème qui se fit prendre par le chef réparateur du collège : Nino. Il l’emmena dans le bureau de ma principale, Mme Villeret. Mais en fait c’est MOI qui est tout pris ! L’assistante sociale m’a convoqué dans son bureau pour me conseiller de réfléchir à cela pendant les vacances.

Au retour des vacances, Mme Villeret me convoqua avec Stéphane dans son bureau. Elle me dit qu’il était strictement interdit d’avoir ce genre de revue dans son établissement et qu’elle tenait beaucoup à la réputation du collège. Pour conclure elle m’inquiéta en me disant qu’elle allai prendre de graves sanctions. Juste pour un magazine ! Je trouve ça vraiment répugnant.
J’en parla à ma prof de français. Je lui es tout raconté et elle m’a dit qu’elle aller essayer de voir ce qu’elle pouvait faire.
Le soir même, Mme Villeret et Mr Despins convoquèrent ma mère. Pendant au moins une heure ils n’ont pas arrêté de me casser. En moins d’une heure, ils ont changé une partie de ma vie. Ils annoncèrent à ma mère que j’étais VIRE DEFINITIVEMENT car ils ne pouvaient pas laissé des “ choses pareilles ” dans leur établissement.
En plus la principale envenimait les choses en disant des sales trucs sur moi :
Ils ont tout raconté à ma mère : pour la rumeur du Périgord ( que j’étais sortis avec le garçon), qu’ils me trouvaient trop interverti, trop timide et que j’avais de “ gros problèmes ” avec les autres, que je fumais le pétard que des fois j’avais des cassettes dans mon sac - alors que ce n’est jamais arrivé - et que je me battais très souvent (et bien entendu ils lui ont dit que c’était toujours moi qui provoquais les baguarres).
Mais je ne sais pas tu tout où est-ce qu’ils sont aller chercher tout ça.
Ma mère rentra et m’expliqua tout ce qui avait été dit. On parla pendant une bonne heure de tout cela. A la fin ma mère a pleuré. Moi aussi.
Le lendemain je demanda à Mr Despins pourquoi il avait dit de telles choses. Il me répondit tout simplement que ce qu’il avait entendu n’était rien que des rumeurs. Rie n que des rumeurs ! Juste avec des rumeurs on peut transformer la vie de quelqu’un ? Pour lui ça ne l’a pas du tout déranger.. !..

Tous les profs étaient au courant que je partais. Ils ont su aussi pour mon homosexualité . Les profs et les surveillants m’ont soutenu jusqu’au dernier moment. Surtout ma prof de français et le surveillant Jérôme. Ca m’a beaucoup touché.

Ensuite ça a été très rapide. Je pensais que ça allait être plus long mais ça ne m’a pris qu’une semaine pour partir. Mr Despins c’est chargé lui-même de me trouver une autre école. Il essaya de me convaincre que s’il me virait ce n’était du tout à cause de mes préférences sexuelles. Mais ça se voyait qu’il faisait le focu.

J’étais vraiment dégoutté de partir, de ne plus voir cette coure, de ne plus voir les profs, ne plus voir les surveillants. Telle est ma destinée comme l’ont voulu Mr Despins et Mme Villeret.
Je dis au revoir à ma prof de français. Elle qui c’était tellement bougée pour que je reste. J’étais vraiment triste de quitter mon établissement.

La semaine d’après, j’étais déjà dans mon nouveau collège. J’avais envie de parler alors j’ai appelé l’assistante sociale pour la voir. Quelques minutes plus tard, quand je suis arrivé je l’ai vu qui parlait avec ma principale. Celle-ci me vit, la regarda en faisant une drôle de tête. L’assistante sociale la rassura en disant que je devais la voir. Je me présenta devant Mme Villeret. Elle me salua et fit vraiment la focu : elle me demanda si je m’étais bien installé dans mon nouveau collège. Elle s’attrista en m’annonçant qu’elle était vraiment désolée pour ce qui c’était passé et que de telles choses pouvaient arriver. Elle conclut en me rassurant que ça n’allait vraiment pas dans mon nouveau collège ce qui c ‘était passé pouvait être oublié ! Il n’y avait pas de problèmes pour que je reviennes l’année suivante ! Alors comme ça, on peut jeter les gens et une semaine plus tard le dire que la porte est toujours ouverte !
Je ne trouve vraiment pas ça normal. Laisser une personne dire de telle chose, à l’aube de l’an 2000, c’est vraiment triste !

Conclusion : Aujourd’hui nous sommes le 1er Septembre 2000. Finalement mon année c’est très mal passée. Les autres ne m’acceptaient pas. J’étais le souffre douleur des autres. J’ai ensuite fais une autre année, en 3ème Technologique, dans le même établissement. Et là aussi ça c’est très mal passé. Cette année je suis en CAP Cuisine.
Finalement j’ai réponse à ma question : Je pense que j’ai été viré d’une part pour un magazine porno mais aussi parce qu’ils ont appris pour mon homosexualité.
J’espères que cette longue rédaction servira à quelques choses...
En tout cas me rappeler et écrire tous ces souvenirs m’auront appris que même si l’on change de collège et d’environnement les problèmes ne s’étouffent pas comme ça. Ils refont surface un jour ou l’autre...

Cédric







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