Daniel Welzer-Lang, collaborateur du site et de l'association Couples contre le sida 31 a été recemment mis en cause: voir le lien ci dessous:
Chantage et abus de pouvoir dans les universités

Nous publions sa réponse.


Droit de réponse

En réponse au texte « Chantage et abus de pouvoir dans les universités »

L’ANEF et le CLASH ont pris l’initiative de publier un texte me mettant en cause.
Je ne reviendrai pas sur les conditions de mon recrutement fin novembre 2004 comme Professeur de sociologie sur un poste fléché « Rapports sociaux de sexe - Travail, genre et sociétés ». L’université a ses propres règles de fonctionnement et de recrutement des enseignant-e-s chercheur-e-s. La commission de spécialistes, composée (ce jour-là) à parité de collègues m’a choisi au vu de mon dossier scientifique construit à travers 20 années de recherches et de publications sur les hommes, le genre et les rapports sociaux de sexe. L’autre candidate a obtenu un poste de Professeure en mai. Que cela plaise ou non, aujourd’hui le pôle des études genre à Toulouse est présent dans différentes équipes de recherches. Je pense que cela constitue une richesse collective, notamment pour entretenir la diversité des débats et alimenter un champ d’études en création. 

Sur les abus de pouvoir :
A l’université, les relations de pouvoir sont permanentes, notamment entre les enseignant-e-s chercheur-e-s, entre les enseignant-e-s chercheur-e-s et les étudiant-e-s, entre les étudiant-e-s. Ces relations amènent aussi souvent des abus : signatures des travaux (articles, livres) occultées ou usurpées, étudiant-e-s qui participent à des études non indemnisé-e-s, travail pillé, etc. La violence institutionnelle et symbolique est générale.
J’ai été critiqué fin 1998 sur ma prétendue proximité avec des étudiantes. Vous qualifiez ces relations datant de plus de 7 années d’abus de pouvoir, ceci est votre point de vue. Depuis ces critiques j’ai modifié mes formes de relations avec les étudiant-e-s. 

Mais, que dans un contexte de concurrence pour l’obtention d’un poste — sans qu’il me soit possible à un moment ou un autre de savoir qui m’accusait exactement et de quoi —, ces relations soient requalifiées d’agression, de harcèlement, d’atteinte à la dignité des femmes… appartient à un autre registre. C'est pour ces raisons que dès janvier 2005, j'ai déposé plainte avec constitution de partie civile devant le Doyen des Juges d'instruction du TGI de Toulouse pour des faits de diffamation publique. Cette procédure va à présent poursuivre son cours par l'audition de mes détractrices. 

Sur les méthodes de recherche
Une remarque préalable : j’ai été membre de l’ANEF pendant plusieurs années. Je suis étonné que vous preniez l’initiative de critiquer mes méthodes de recherche sans même avoir cherché à en discuter avec moi.
Bien sûr que les débats sur les méthodes devraient intégrer autant les relations, les rapports sociaux de sexe et de classe entre les personnes qui réalisent les études et le terrain que les rapports sociaux, les relations au sein même des équipes elles-mêmes. J’ai toujours entretenu des débats, parfois vivaces, sur ces questions, organisant même au sein des équipes que j’ai coordonnées [où l’ensemble des chargé-e-s d’étude ont toujours été payée-e-s] des rencontres entre hommes d’une part, et entre femmes d’autre part, pour tout à la fois permettre l’expression de paroles et avancer des analyses collectives. Certaines analyses ont été publiées, d’autres non. Je tiens à disposition tous les documents l’attestant. 

Restent d’autres questions : en quoi les études sur les sexualités seraient spécifiques ? Pourquoi ne pas ouvrir le débat plus largement sur les rapports aux terrains ? Comment analyser les propos (et la dérive) qui systématiquement victimisent les étudiantes, les poussant pour des raisons qu’il reste à expliciter, plusieurs années après, à négativiser le travail et les analyses qu’elles ont effectuées ? Que faire de la souffrance que vous évoquez ? Faut-il m’en faire porter toute la charge ? 

J’ai toujours refusé l’insulte, la diffamation, les dispositifs de délation, l’instrumentalisation des étudiant-e-s...
J’ai toujours accepté le débat quand il peut se mener dans des conditions correctes où chacun-e peut s’exprimer et discuter.
Je n’ai pas changé de position. 

Daniel Welzer Lang