Livres








Le grand livre
des filles
et
des garçons

Editions Rue du monde

Brigitte Bègue
Anne-Marie Thomazeau
Alain Serres

Illustations
d'Antonin Louchard
et de Monique Czarnecki


Avec la participation de
Lucie Aubrac
Joelle Brunerie-Kauffmann
Gisèle Halimi
et Zebda

Voici un grand voyage autour de la planète filles/garçons : découverte de soi, de son corps, de celui de l'autre, de l'amour, mais aussi des idées toutes faites qui remplissent nos têtes...

On rencontre dans ce livre des femmes de l'autre bout du monde, des femmes qui veulent pouvoir faire de la mécanique si elles en ont envie et celles qui ont marqué la longue histoire des relations entre les femmes et les hommes.

150 photos et dessins, des témoignages, un album pour mieux s'aimer, se connaître, se respecter et faire bouger ensemble les vieilles habitudes, bleues pour les garçons et roses pour les filles !


Editions Rue du Monde 1 bis rue des Fleurs 78960 Voisin Le Bretonneux
Tel 01 30 48 08 38
Commander en librairie. Distribution en France Harmonia Mundi




Un extrait du livre:
Un texte de Magyd Cherfi, du groupe Zebda:



Lettre ouverte à tous les garçons et les filles

Les garçons se prennent pour des hommes
parce que, tout petits, on leur dit qu'il faut qu'ils le soient. On leur dit qu'il faut qu'ils en aient, qu'il faut avoir et en avoir, moi ça me donne des envies d'en être dépossédé. Ça me donne envie de ne pas avoir et de ne pas en avoir. Oui, ça me donne envie d'être « elle », marre d'être prévisible, marre qu'on attende de moi que je sois un chef, un mec, un homme. J'ai envie, comme dit la chanson, « d'une bague, un collier », qu'un ami m'apporte à mon anniversaire un bouquet de fleurs. J'ai envie d'être à l'envers, mais pour autant, comme dit l'autre chanson, « j'veux du cuir » et une paire de crampons, j'ai pas envie d'être simple comme une brute. J'ai pas envie qu'on sache qui je suis dès qu'on m'a vu. J'ai la tête d'un Kurde des montagnes, c'est pas que c'est moche mais ça n'évoque tellement pas l'acuité féminine que j'en pleure.
Pourtant je la sens la femme qui en moi s'éveille et dit : « C'est pas joli, joli ! »

Les femmes veulent avant tout être des femmes. Toutes petites, on les prépare à n'être qu'elles au lieu d'être elles avec un peu de lui... voilà le blème, moi je dis que les filles ont un garçon dans la tête et les garçons ont une fille ans la peau.
C'est pas tout à fait pareil mais dans l'une y'a l'un et réciproquement.
Dans chaque homme, une femme est cachée, et le plus bel homme est celui qui montre ce secret, ce secret c'est cette fille en lui qui se tait. Sa grandeur, c'est de la faire parler. Dans chaque femme se cache un homme qui lui ne sait pas se taire mais elle apprend à le bâillonner un peu... pas totalement pour rétablir un peu d'elle.
En quelque sorte, elle recrée un équilibre du sens et des sens. Un équilibre de lui en elle...

Résumons tout cela.
En définitive, qu'avons-nous aujourd'hui ? On se retrouve avec l'une qui dit « je suis » et le gars qui dit « j'ai ». Deux auxiliaires au service de rien tant qu'ils ne se confondent pas. Moi je m'aime avec la fille qui est en moi et j'aime celle qui fait parler celui qui vit en elle, oui il faut être et avoir en un seul corps et aimer quiconque est deux. Bref, pour s'aimer soyons au moins quatre ou plus... et qu'importe alors celui du masculin ou du féminin qui l'emporte.


Zebda
Magyd Cherfi, pour le groupe