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Communiqué de presse d'Act Up Toulouse vendredi 5 novembre 2004 Toulouse: jugement du viol d'une prostituée ; Le parquet inaugure ! Récemment à Toulouse, le parquet s'est distingué en ordonnant à un « client » de payer une « passe », à une prostituée qui portait plainte pour viol. Nous ne savons pas si cet arrangement unilatéral du parquet est dû à la mise en place du jugé/coupable, mais nous sommes particulièrement choqué-e-s par cette décision de ne pas instruire l'affaire. Rappel des faits : le 15 septembre, la travailleuse du sexe a accepté d'aller effectuer la passe chez un prétendu client. Ce qui devait être un simple acte entre un client et une prostituée, s'est transformé en séquestration avec violences, viols et vol. Avec beaucoup de courage et particulièrement lorsque l'on exerce la profession de prostituée, la victime est allée porter plainte au commissariat. En état de choc, il a fallu qu'elle prenne un traitement d'urgence préventif contre le VIH (une tri-thérapie à prendre pendant un mois aux effets secondaires très pénibles). Quelques jours après, le violeur est arrêté grâce à la victime, aidée par des personnes d'une association. Cette agression sexuelle, a été transformée par la justice, en une simple transaction financière. Le résultat de ce « jugement arbitraire» est, non seulement un mépris de la parole d'une prostituée par rapport à celle d'un « client », mais une insulte faite à toutes les femmes et à leur combat contre les violences masculines dont elles sont victimes. De part sa condition de travailleuse du sexe (non reconnu légalement dans le monde du travail) le parquet laisse entendre qu'il ne peut pas y avoir viol pour une personne qui fait le commerce de prestations sexuelles. La Loi sur la Sécurité Intérieure, en stigmatisant les personnes prostitué-e-s, a d'ores et déjà exposée ces dernières aux violences des clients (et parfois des policiers eux même). Depuis sa mise en application, le nombre de vols, viols, rapts et séquestrations, dont elles sont victimes, ne cesse d'augmenter. Ces lois ont aussi mis à mal le travail de prévention contre les IST et le VIH effectué depuis plusieurs années par les travailleuses du sexe avec le soutien d'associations d'auto support. Le jugement rendu vient renforcer cette idée de combattre les prostitué-e-s et non les réseaux de prostitution. Quant au violeur, il va pouvoir recommencer ses actes contre une autre personne. De part son jugement, cette décision de justice lui a donné un sentiment d'impunité. Et faire des émules. Pour « l'information » diffusée par la Dépêche du Midi (en date du 7 octobre 2004, article intitulé : « Insolite. La prostituée avait porté plainte pour viol parce qu'elle n'avait pas reçu d'argent »), le journaliste d'investigation Monsieur J. N. G. se contente d'être le perroquet d'une seule source d'information, partiale et partielle, ce qui lui permet de bâcler en vitesse et sans enquête un article racoleur et goguenard. Act Up Toulouse exige : - l'arrêt de l'application de la LSI et son retrait ; - la reconnaissance du statut des travailleur-euses du sexe - le renvoi de cette affaire devant le parquet et la prise en compte de la parole des personnes prostitué-e-s - des excuses de la Dépêche du Midi, le « journal de la démocratie » Contact presse : Guy Molinier : 06 18 41 20 99 |
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